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 Les Rues de Levitas

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Hakuren

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MessageSujet: Les Rues de Levitas   Mer 8 Juin 2011 - 14:07

Fedoran était bien loin et Hakuren n'en était que soulagée. Mais c'est surtout le picotement d’excitation qui l'animait actuellement. Elle rentrait chez elle! Oh! bien entendu, elle n'avait pas fini ce pour quoi elle était partie mais rien n'interdisait une visite à sa famille de temps à autre!

La mage était descendu avant que la caravane n'arrive. Elle préférait continuer a pied afin d'éviter la queue au poste de contrôle des marchands.

Comme prévu, elle passa sans encombre le poste des douanes. Et devant elle, Levitas. Un sourire monta aux lèvres de l'enfant du pays... Elle était à la maison et le vent semblait l'accueillir en faisant voler sa chevelure. C'est presque en sautillant qu'elle pris la grande voix vers le centre.

Bien qu'elle ait passé la majeur partie de sa jeunesse à l'Université, Hakuren connaissait la ville comme sa poche. Et ce fut avec un plaisir non dissimulé qu'elle remarqua que... rien n'avait changé. Elle se marcha donc vers le lieu qu'elle affectionnait tant avec la bibliothèque: l'herboristerie de ses parents.

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Norev

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Dim 12 Juin 2011 - 22:24

Il n’avait jamais vraiment aimé le vent, il avait toujours trouvé ça ironique, comme si la nature elle-même le poussait à aller chercher ailleurs ce doit il avait besoin. Mais une fois de plus, comme à l’époque de la milice il se retrouvait à arpenter les rues de la cité comme il l’avait déjà fait un bon millier de fois.

En passant à l’angle d’une rue, un marchand le salua d’un geste de la main lui rappelant avec assez peu de discrétion que sa commande était prête et qu’il la livrerait au manoir sous peu, manière fort peu subtile de souligner qu’il était le fournisseur attitré des Lymiatis auprès des clients des environs. En temps normal il aurait rappelé à l’ordre ce petit commerçant pour son manque de respect, mais tout deux savaient pertinemment qu’il n’en ferait rien, à moins d’être capable de régler ses dettes. Aussi lui laissait-il profiter de ses quelques instants de gloire contre une certaine discrétion quant à sa situation.

N’allant quand même pas jusqu’à répondre au malotru, il s’empressa de tourner pour déboucher dans la rue qu’il cherchait. Voila plusieurs jours qu’il remettait son départ à plus tard en espérant qu’il parviendrait à comprendre le message que ses ancêtres tentaient de lui faire passer, mais il n’arrivait à rien. Aussi difficile que ça pouvait l’être pour Norev, il devait aller chercher conseil ailleurs.


- Où va le monde si les grands se trouvent dans l’obligation de s’appuyer sur les épaules de pauvres humain pour prendre les décisions pour leur avenir… Dit-il en soupirant.

Il s’arrêta enfin devant la boutique qu’il cherchait, prenant quelques instants pour masquer son mépris. La magie était un trait de caractère plus que commun des habitants de Levitas de par la nature-même de la cité, nombreux étaient ceux qui la manipulaient et les mages issus de ce lieu étaient la fine fleur de la planète. Lui, malgré de nombreuses tentatives de sa mère, ne parvenait pas à considérer la magie comme un art. Bien sûr il en connaissait les rudiments, voire même un peu plus, mais ne l’utilisait que rarement. Pour lui la force pure était davantage digne de respect.

Il se résolut néanmoins à pénétrer dans l’herboristerie, espérant à défaut d’un conseil avisé, trouver une décoction qui lui permettrait de finir ce rêve qui l’entêtait tant.
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Syld
Shan of the Dead
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 13 Sep 2011 - 14:23

Ils venaient de déboucher dans une petite rue tranquille et claire. Par dessus les toits d'ardoise grise, on distinguait les créneaux de la muraille principale qui se découpaient sur le ciel toujours aussi déprimant, et, de l'autre côté, c'étaient les tourelles du palais qui s'élevaient très haut, comme pour percer les nuages encore lourds de pluie.
Ils étaient entrés dans Lévitas.

Syld resserra frileusement les pans de son manteau autour de lui et s'assura que sa capuche n'avait pas glissé en arrière.


- Si on m'avait dit que je remettrais les pieds ici de mon plein gré...

Ysell referma la grille bien huilée derrière eux et les rejoignit, sautant sans y penser l'étroit caniveau au milieu de la rue pavée avec soin.

- Qu'avez-vous l'intention de faire, maintenant ? Prendre un moment de repos, ou bien... ?

"Ou bien".
Syld se raidit, n'osant regarder du côté du palais, vers les demeures seigneuriales les plus riches de la ville. Il avait vraiment du mal à croire qu'il était revenu. Tout y était : le vent, le ressac omniprésent de l'océan, l'odeur de sel qui picotait un peu le nez, les façades qui se succédaient en nuances de blanc ou de gris, le chuintement d'un pin qui faisait crisser ses aiguilles par dessus le mur d'une cour...
Même avec tout ça, il avait du mal à y croire.
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 13 Sep 2011 - 17:15

Planté au milieu de la ruelle, Soghann promenait un regard intéressé sur son environnement, semblant s'imprégner de l'atmosphère de la cité. La question d'Ysell l'interrompit dans sa contemplation, aussi se tourna-t-il vers elle, s'essuyant le nez encore humide d'un revers de doigt.

- Je pense qu'on a mérité un bon feu. Je vais finir par rouiller si je ne sèche pas toute cette humidité. Sans compter que les éternuements n'aident pas vraiment la discrétion. Un endroit à nous conseiller ?

Autant devaient-ils se faire discret, autant il était hors de question d'aborder une mission d'une telle complexité dans ces conditions, et avec un minimum de recul.
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Syld
Shan of the Dead
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 13 Sep 2011 - 18:15

- Trop de risques qu'on retienne vos têtes dans une auberge.

Ysell réfléchit un moment, avant de faire signe de la suivre.

Le temps n'avait guère l'air de décourager les habitants qui vaquaient à leurs occupations comme si de rien n'était. Tout juste s'attardaient-ils d'avantage à marchander, courbés en deux sous les auvents des marchands ou plus au sec dans les boutiques les plus vastes. Les rues étaient belles et larges, même dans ce simple quartier commerçant.
De rares cavaliers pressés forçaient par intermittence les passants à se réfugier le long des façades dégoulinantes de pluie pour éviter la boue des caniveaux soulevée par les sabots ferrés. Ce détail mis à part, la ville semblait étonnamment salubre. On croisait bien quelques gargotes animées devant lesquelles un ou deux clients rendaient parfois ce qu'ils venaient d'ingurgiter, mais Lévitas paraissait d'une souveraine tranquillité.

Les Shalos durent s'écarter pour laisser passer un groupe d'enfants qui couraient en riant après un curieux jouet de cuivre qui voletait en battant des ailes tel un papillon.

Ysell finit par tourner dans une petite impasse qui s'achevait sur un mur couvert de lierre par-dessus lequel se balançaient quelques arbres fruitiers. Une porte basse s'ouvrait là.
Le battant céda sans rechigner et ils purent se glisser dans un jardin minuscule entouré de tous côtés par les murs aveugles de hautes constructions. Enfouies sous les cascades d'une plante grimpante un peu trop exubérante, une porte écaillée et une large fenêtre basse regardaient vers l'entrée de ce chiche verger.
Un nouveau cliquetis de serrure, et les visiteurs entrèrent après avoir écarté la branche d'un vieux pommier qui semblait vouloir barrer le passage.

Ysell donna une pichenette dans un globe de verre filé qui reposait sur une table. Des étincelles s'y allumèrent aussitôt, jetant une lueur claire sur l'intérieur. Ils se trouvaient dans un salon très simple et un peu poussiéreux. Une tenture servait de porte à ce qui devait être la chambre, et on descendait à la cuisine par deux marches usées.


- C'est la demeure d'un marchand qui se trouve actuellement en voyage du côté de Faélanir pour réapprovisionner son fond de commerce. Il en a pour plusieurs jours encore. Les navires marchands ont été retardés par le temps.

Elle indiqua d'un signe de tête une porte qui s'ouvrait dans un angle.

- Cette maison est attenante à une boutique qui donne sur la rue que nous avons empruntée tout à l'heure.

La voleuse s'approcha de la cheminée et fit retomber une sorte de petit balancier contre un des montants du garde-feu. Une étincelle sauta aussitôt vers le petit bois entassé sous deux belles bûches dans l'âtre.

- Voilà. Il reste sûrement de quoi manger dans le cellier, et difficile de trouver une maison plus tranquille. Satisfaits ?

Syld lâcha un soupir en considérant les lieux.

- Bof, ça manque de bière...
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 13 Sep 2011 - 20:00

Syld n'avait à peine fini sa phrase que la voix légèrement étouffée de Soghann retentissait depuis la cuisine, un peu en contrebas :

- Que tu crois !

Le manteau détrempé de l'assassin de balançait encore sur le porte-manteau qu'il réapparu, mordant à belle dent dans ce qui semblait être un saucisson et tenant deux bouteilles de bière.

- Ha, les saveurs exotiques...

S'effondrant avec un soupir dans un sofa, il se mit en devoir de faire honneur aux dites saveurs, puis sembla enfin daigner s'intéresser à leur "hôte".

- Dans ta grande sagesse, tu nous conseille de commencer par où ?

Pas dit qu'ils suivent les dits conseils, mais ça leur permettrait d'en apprendre un peu plus sur l'intrigue... Ou au pire, sur la façon de penser de la voleuse.
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Syld
Shan of the Dead
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 13 Sep 2011 - 20:50

- Ma "grande sagesse" ?

La manière dont la voleuse répéta ces mots incita Syld à poser sa bouteille à l'abri sur l'appui de la fenêtre plutôt que sur la table contre laquelle s'appuyait la jeune fille.
Elle finit par hausser les épaules, préférant ignorer cette pique, puis indiqua la fenêtre d'un signe de tête.


- La première chose à faire serait de visiter la cité. Je peux vous indiquer les endroits à connaître, la façon dont elle fonctionne... bref, ce que n'importe quel Lévitis sait... voire même un peu plus. Il devrait encore pleuvoir ainsi pendant un jour ou deux. Les rues seront un peu plus calmes et personne ne s'étonnera si vous gardez vos capuches et vos cols relevés. Autant en profiter.

Ysell s'étira, faisant craquer les os de sa nuque presque sans bouger.

- Sa seigneurie a déjà fait mener son enquête dans la frange "basse" des habitants. Il a dû vous le dire. Rien, le néant total. Tout ou presque a dû se préparer au sein d'un cercle très restreint. Dès qu'on essaye de se renseigner sur l'aristocratie de la ville, on se heurtre très vite à des portes fermées...

Une moue de frustration étira ses lèvres minces.

- Des portes que même moi je ne peux ouvrir. On peut voler des objets, mais pas ce qui est là...

Elle se tapota le front de l'index.

- Le ou les responsables font de toute évidence partie de la noblesse. Mais les évènements depuis l'empoisonnement du chancelier se sont enchaînés de telle manière qu'il a été impossible de remonter aux déclencheurs, à ceux qui tirent les ficelles. Les institutions ici sont des monstres à plusieurs têtes, et il est difficile de savoir laquelle a instillé ses idées dans les autres.

Ysell se détacha de la table.

- Je suppose que sa seigneurie a surtout accepté de vous envoyer ici parce que justement vous avez un regard "extérieur" sur tout ça. S'il ne s'agissait que d'infiltration, j'aurais...

Sous ses mèches sauvages, ses yeux couleur d'hiver scintillèrent avec ce qui ressemblait fortement à de la jalousie. Eh quoi, qu'est-ce qu'une paire d'assassins pouvait avoir de plus pour récolter des informations ?

- Bref, il faudra chercher de l'intérieur du cercle. Je n'ai pas personnellement la possibilité de vous faire entrer assez haut.

Syld resserra ses main gantées autour de la bouteille, comme s'il cherchait à la réchauffer.
On y était.

Il leur fallait quelqu'un "en haut", quelqu'un qui puisse donner la toute petite impulsion qui leur manquait pour pouvoir s'introduire tout naturellement parmi le gratin de Lévitas.
Aelred.

L'assassin sentit une goutte de sueur glisser entre ses omoplates déjà moites à cause de l'humidité qui avait traversé ses vêtements pendant le voyage. Dès qu'il y songeait, il était absolument incapable d'élaborer une stratégie d'approche, de trouver les mots nécessaires... il avait soudain la tête complètement vide.

Le jeune homme jeta un coup d'oeil au travers des carreaux embués, vers les pommiers voûtés fouettés par la pluie sous le ciel grisâtre.
Il courait droit à l'échec, et cet échec, il allait le payer cher...
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mer 14 Sep 2011 - 16:58

Soghann mâchonnait son saucisson d'un air distrait, balançant machinalement le bout de ses bottes, marquant comme le rythme d'une musique invisible. Il écoutait cependant attentivement, aidant sa concentration d'une gorgée de bière de temps en temps.

La voleuse ayant fini sa tirade, il posa les yeux sur Syld, visiblement absorbé lui-même par la conclusion inéluctable de cette partie de l'enquête : il leur fallait l'aide du vieux. L'assassin, lui, s'interrogeait sur des considérations pratiques : si même ils arrivaient jusqu'à eux, comment faire cracher à des politiciens leurs vils secrets ? Des énarques corrompus et rompus aux menaces, aux faux semblants, aux machinations et dissimulations...

Le tout, sans attirer les gardes dont ils ne manqueraient pas de s'entourer, ni provoquer une chasse à l'homme qui les obligerait à fuir dès la première "victime". Assurément, des hommes si puissants pouvaient tirer suffisamment de ficelles pour que la moitié de Levitas se mette après eux, dès le moment où ils sortiront de l'ombre...
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mer 14 Sep 2011 - 18:31

Ysell réajusta le manteau qu'elle n'avait pas pris la peine de quitter.

- A vous de voir quel programme vous convient d'avantage. Je repasserai demain matin à tout hasard. D'ici là, libre à vous de vous... reposer et de vous sécher.

Sur ce, elle tourna les talons, ouvrit la porte et se glissa sous la branche du pommier, disparaissant derrière un rideau de pluie.

Tiré de ses pensées par le courant d'air humide provoqué par l'ouverture de la porte, Syld la suivit du regard.


- Pfiou...

Ayant ainsi résumé ses impressions au sujet de leur guide, il récupéra sa bouteille puis quitta l'angle de la fenêtre pour faire le tour du propriétaire. Il passa un doigt sur les meubles poussiéreux, éternua, puis ressortit de la cuisine après avoir fait l'inventaire du cellier.

- Tu aurais peut-être dû lui proposer un verre à elle aussi.

Il se décida à ôter ses bottes qui avaient fini par traverser, et les abandonna au coin du feu. Sautillant un peu sur le carrelage glacé, il alla muser du côté du rideau servant de porte à la chambre.

- N'empêche, ces fichus Lévitis... Rien que parce qu'ils vient en l'air, et nous sous le sol, ils ont l'air de -ah tiens, un seul lit- s'imaginer qu'ils sont supérieurs au reste. Quant il s'agit d'un petit crétin de nobliau riche comme c'est pas permis, passe encore, mais enfin...

Tout en causant, il avait disparu dans la chambre et, si on en jugeait au bruit qu'il faisait, était en train de fouiner dans les armoires.
Le jeune homme ne tarda pas à ressortir, une épaisse couverture sur les épaules.


- Je veux bien croire qu'un sorcier lévitis ne soit pas quelqu'un dont on doit rigoler, cependant ce n'est pas une raison pour qu'ils s'amusent tous, sorcier ou non, riche ou non, à regarder le reste du monde de haut et...

Il finit d'étendre sa chemise mouillée sur le dossier d'une chaise puis se laissa tomber dans un fauteuil dont les ressorts grincèrent bruyamment.

- Bref, je crois que je suis un peu trop nerveux.

Il donna une pichenette à sa bière vide.

- Heureusement qu'il y en a pas mal d'autres comme ça pour se détendre... Hum, sauf que picoler ici n'est pas forcément une bonne idée non plus.
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mer 21 Sep 2011 - 18:55

Soghann posa sa bouteille vide sur le sol et acquiesça d'un rot. Ses deux mains jointes derrière sa nuque, il se mit en devoir de s'étirer de tout son long, dans un craquement de protestation du pauvre meuble.

- On ne sait jamais avec les alcools exotiques... Mais si c'est ce dont ça a l'air, ce n'est pas avec quelques bières qu'on risque de compromettre la mission. Pour le reste... L'acclimatation est un bien gros problème pour les villes non cosmopolites. Tu imagine la tête d'un de ces "seigneurs" qui se retrouverait par hasard lâché dans Shalanos ?
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 22 Sep 2011 - 8:16

- Bah...

Syld se lova encore d'avantage dans sa couverture avec un petit frisson. Depuis le temps, il avait presque oublié ce qu'était le climat de Lévitas : une alternance de brume pouvant se changer en crachin et de froid d'altitude aussi mordant que le caractère de ses habitants.

Il extirpa frileusement une main des tièdes profondeurs de la couverture et fit mine de compter :


- Soit, petit a, il se contenterait de s'évanouir d'horreur, soit, petit b, il déciderait tout naturellement d'avancer les yeux fermés pour ne pas voir ville et habitants, soit, petit c, il pincerait aristocratiquement les narines avec une moue bien dégoûtée comme il faut, soit, petit c, il tenterait immédiatement de générer une petite tornade pour faire le ménage.

La branche du pommier grinça contre le bois de la porte. Avec la marée, le vent se levait, et la pluie fine se muait en grosses gouttes qui cliquetaient avec insistance aux carreaux.

- Les Lévitis d'aujourd'hui ne sont pas vraiment réputés pour leurs facultés d'adaptation.

Le jeune homme tenta d'étouffer un large bâillement, sans succès. A mesure qu'il se réchauffait, il se sentait gagné d'une douce somnolence.
Il finit par se faire violence et quitta son fauteuil pour se diriger d'un pas traînant vers le rideau de la chambre.


- Bon, je crois que je vais aller tester le matelas de ce lit...
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 26 Sep 2011 - 18:59

Soghann acquiesça d'air distrait, le regard perdu dans le vide. Même un voyage pareil avait du mal à le fatiguer... A vrai dire, c'était plutôt l'humidité froide de la ville, qui contrastait violemment avec la chaleur moite de Shalanos, qui le fit frissonner. Il resta ainsi quelques minutes, plongé dans ses pensées, avant de se décider à suivre Syld.
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 26 Sep 2011 - 21:16

Une aube grise et pluvieuse vint éclairer le sol du salon et se glissa sous le rideau de la chambre.
Syld fronça un sourcil, ouvrit un oeil par en dessous la couverture, et se renfonça un peu plus dans ses plis chauds avec un grognement de protestation.


- Quoi que vous ayiez prévu aujourd'hui, rester à lézarder au lit n'est pas au programme.

Draps et couverture furent escamotés en un tour de main.

- Bon, je vous laisse vous rhabiller.
- Hey !

Syld darda un regard meurtrier entre les omoplates d'Ysell qui était entrée en oubliant de provoquer le moindre courant d'air. Le rideau se balançait encore que le Shalos repêcha la couette et se ré-enroula derechef dedans.

- J'ai-pas-en-vie...
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 6 Oct 2011 - 2:15

L'aube vint cueillir Soghann en pleine phase de réveil, progressivement initiée par le changement de luminosité précédent l'apparition du soleil. Enfin, si soleil il y avait, ce qui n'était en l’occurrence pas le cas.

Alors que la voleuse sortait de la chambre et que Syld s'enroulait derechef dans la couette, le Shalos était déjà sur ses pieds, frais et alerte quoique d'une humeur maussade. Avec un reniflement dédaigneux, il fit disparaître la dague qui avait surgi dans sa main à l'instant même où Ysell pénétrait dans la pièce.

Machinalement, il se mit à s'habiller, attachant un soin tout particulier aux deux bracelets de force noirs qui lui couvraient une partie des avant-bras. Avec un sourire digne d'un enfant découvrant un nouveau jouet, il fit jouer les lames cachées en les faisant sortir et rentrer de nouveau, presque trop rapidement pour qu'un oeil non averti puisse suivre le mouvement.
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 6 Oct 2011 - 9:04

L'espèce de grosse chenille en forme de couette -ou inversement- roulée en boule au milieu du lit encore chaud lâcha un soupir malheureux : les deux autres occupants de le demeure ne faisaient pas vraiment de bruit, mais le simple fait de sentir leurs déplacements suffisait à l'empêcher de se rendormir.
A vrai dire il avait passé une nuit plutôt agitée. Son sommeil inquiet avait été entrecoupé de réveils en sursaut. Syld se détestait cordialement de céder ainsi à la nervosité et de reprendre ses anciennes habitudes. Il avait les moyens de se défendre, à présent, non ?

La couette finit donc par descendre du lit et rampa vers le salon, avalant au passage les vêtements laissés à sécher sur le dossier des chaises. Un fauteuil accroché par un pied lors du trajet grinça bruyamment jusqu'à la table, et la couette grimpa se fourrer dans le vieux siège.


- Eh bien, il n'est pas du matin, le Gueule d'amour, constata finement Ysell, depuis le rebord de la fenêtre sur lequel elle s'était assise.

"Gueule d'amour", un bras sur la table et le museau au creux du coude, se contenta se grogner un "sans blague ?" étouffé, sans même rouvrir les yeux.
Il finit par lever une paupière endormie, et jeta un regard morne vers la fenêtre.
Une Ysell, les bras croisés et les traits d'une dangereuse neutralité et, au delà des carreaux, un jardinet grisâtre secoué par un vent apesanti d'une pluie fine et tenace.
Regrettant encore d'avantage le moelleux assez relatif du lit, Syld marmonna quelque chose au sujet d'un petit déjeuner...
Et la voleuse, ayant deviné plus qu'entendu ce qu'il voulait dire, se hérissa de toute sa crinière sauvage.


- Tu t'attendais peut-être à trouver tout prêt sur la table ? Je ne suis pas là pour vous servir de nounou, je te signale.
- Gnrf... d'habitude, les filles un peu plus... féminines se battent pour le préparer, ce petit déjeuner.

Ysell esquissa un mouvement pour quitter l'appui de la fenêtre et aller exprimer sa "féminité" à grands coups de pieds dans l'assassin. Au lieu de cela, elle prit une grande inspiration puis disparut dans la cuisine. Il y eut quelque tintements de vaisselle, et elle refit son apparition, un pichet à la main.

- Voici une boisson que l'on consomme fréquemment le matin, pendant la mauvaise saison.

Puis, d'un geste large, la voleuse renversa l'intégralité du pichet sur la tête décoiffée du Shalos.

- Oh pardon, d'habitude cela se boit chaud.

Le pichet fut posé sur la table avec un peu plus de vigueur que nécessaire, et Ysell retourna se poster à la fenêtre sans se soucier de la réaction de Syld.

- Bon, vous comptez faire quoi, aujourd'hui ?
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 10 Oct 2011 - 23:41

Habillé de pied en cape, appuyé contre un mur, les bras croisés dans une pose curieusement semblable à celle de la jeune voleuse, Soghann observait son compère d'un regard attentif, attendant manifestement une réaction à ce qu'il venait de se passer.

- Commencer un peu de repérage, en évitant de se faire remarquer... Et contacter quelques personnes, histoire de tâter le terrain.

Il avait dit cela sur un ton détaché, comme si cela allait de soit. Mais ce que cachaient ses paroles, c'est ce que Syld ne voulait pas entendre. Et bon gré mal gré, ils n'avaient guère d'autres choix.
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 11 Oct 2011 - 0:58

Syld resta silencieux.
Sans doute un peu trop silencieux au vu de la situation.
Ses doigts se crispèrent d'avantage sur les bords de la couette et il resta à fixer la table, sans faire mine de remarquer les cheveux détrempés qui lui gouttaient sur le bout du nez. De toute évidence, son esprit était à mille lieues de cette table et de cette "boisson typique" qui venait de lui servir de douche matinale.

Le jeune homme cilla, refaisant brusquement le point sur l'endroit où il se trouvait. Il se leva si soudainement qu'Ysell esquissa un mouvement de retraite vers la cuisine, avant de se reprendre : l'assassin ne lui accordait pas une once d'attention.


- Finalement je n'ai pas faim, lâcha Syld d'une voix un peu trop rauque, tout en se détournant pour aller reprendre le manteau prêté par la voleuse.

Il évita soigneusement de croiser le regard des deux autres, et tout spécialement celui un peu trop aigu de Soghann.
Le jeune homme avait peur de se trahir, de révéler l'angoisse qui lui nouait l'estomac. La nervosité, la méfiance, l'anxiété avant une mission périlleuse, il connaissait. Il avait depuis longtemps appris à gérer ce genre d'émotion, à défaut de pouvoir les supprimer complètement. Mais depuis l'"incident" de Faélanir, il expérimentait une émotion différente.
La peur.
Une peur dévorante, viscérale, qui le mordait aux entrailles, qui s'instillait dans ses veines comme un poison.
Il n'avait jamais connu cette sorte de terreur, pas dans les cachots humides de Lévitas, pas entre les mains de ses différents bourreaux, pas entre les draps au parfum lourd sur lequels grinçait la chaîne reliée à son collier d'acier, pas sous la torture, pas même devant la boucle funeste d'une corde de chanvre.
C'était cette peur, et non une quelconque séquelle elixienne, qui limitait son utilisation des griffes noires.

Syld passa le vêtement puis enfouit ses mains dans les amples replis des manches, sans avoir pu laisser deviner qu'il tremblait. Il gagna la porte d'entrée, évitant toujours de face face à son compère, et sachant parfaitement que cette attitude fuyante était aussi révélatrice que le reste.


- Je vais...

Il secoua la tête puis marmonna vaguement :

- ... prendre le frais dehors. En attendant.

Un courant d'air aussi glacial qu'humide ponctua l'ouverture de la porte.

Syld alla s'appuyer au tronc ruisselant d'un des arbres du maigre jardin. De lourdes gouttes de pluie s’abattaient en crépitant sur son capuchon à chaque fois qu'une rafale venait secouer les branches au-dessus de sa tête.
Le Shalos leva les yeux vers les tourelles altières du palais qui dominaient toute la cité, pointant avec une tranquille insolence vers le ciel. Les nuages d'un gris perle fuyaient au loin, poussés vers la côte.
Ah, il les avait longuement observés, ces nuages. Et il les avait enviés, désespérément enviés, juste parce que eux ils pouvait partir ailleurs, loin de ces gracieuses tours.

L'assassin se laissa glisser assis sur un banc de bois à demi pourri par l'humidité qui stagnait dans ce petit carré de terre.

Sur le coup, il n'avait pas réalisé. Mais s'il avait su ce que cela signifiait réellement, ce qu'il lui en coûterait de revenir à Lévitas...
Syld se mordit la lèvre.
Il était de moins en moins sûr de la façon dont il aurait répondu à la demande d'Earl.
Les remugles du passés, les doutes du présents, tout s'ingéniait à jeter la confusion sur les sentiments dont il était si sûr jusqu'ici.
"Ami", "frère"... si même ces mots commençaient à perdre leur signification, alors...


- Je serais mieux tout seul, tant pour moi que pour eux.

A l'intérieur, Ysell jeta un coup d'oeil par la fenêtre et se contenta d'un discret haussement d'épaules, sans émettre le moindre commentaire.
Que lui importait ? Elle, elle avait déjà déjeuné.


- Visite de Lévitas d'abord, donc ?
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Soghann

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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 11 Oct 2011 - 10:52

L'assassin opina du chef, soulagé que la gamine ne lui pose pas de question à propos de la réaction de Syld.

- Toute mission commence par un repérage scrupuleux des lieux. Voies de repli, cachettes, gardes, chemins de ronde, heures de relèves... énuméra-t-il sans développer davantage. La voleuse savait déjà certainement tout cela, et il répondait davantage pour entretenir une conversation qu'autre chose. Et éventuellement voir si elle-même savait quelque chose d'utile.

L'assassin observait son compagnon à travers la fenêtre, au cas où il décide de lui faire faux bond... Ou cavalier seul. Lui-même ne connaissait pas assez la ville.
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Syld
Shan of the Dead
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 11 Oct 2011 - 13:31

Ysell se contenta d'un hochement de tête à peine perceptible et quitta son poste sur l'appui de la fenêtre pour aller rouvrir la porte. Son instinct lui soufflait qu'il valait mieux ne pas trop laisser traîner cette affaire... et encore moins l'assassin qui remâchait sa morosité dehors.
Sans prendre la peine de s'assurer que les Shalos la suivaient, elle glissa un coup d'oeil au travers des planches disjointes de la porte du jardin afin de vérifier que l'impasse était déserte, puis souleva le loquet avant de se glisser dans la rue.

D'un pas léger, elle reprit la direction du pont. Ce ne fut qu'une fois arrivée sur une petite place qui offrait une excellente vue sur les portes de la cité qu'elle ouvrit la bouche à nouveau.


- Il y a un poste de contrôle permanent à l'entrée de la ville. La garde y est toujours solide, de jour comme de nuit. Les contrôles sont relativement légers en temps normal pour les voyageurs entrants ou sortants. Seuls les bagages un peu trop imposants et les véhicules sont en général fouillés, dans un sens comme dans l'autre. Le reste est laissé à l'appréciation des gardes en poste, qui peuvent faire preuve de plus ou moins de zèle, suivant les ordres ou leur humeur. Certains sont observateurs, il ne faut donc pas les prendre à la légère.

La Lévitis indiqua les hautes murailles blanches d'un geste large de la main.

- Ce mur fait quasiment le tour de la cité, à l'extrême bordure, sauf dans une zone que nous verrons plus tard. Des soldats passent régulièrement sur le chemin de ronde, mais la surveillance reste assez lâche. Après tout, à part les oiseaux, il n'y a pas grand chose à surveiller depuis la muraille. Par temps brumeux, il est assez facile de passer du tunnel sous le pont à un des souterrains naturels de la ville sans être vu. Immédiatement au pied de l'enceinte, il y a la première couronne, qui correspond grossièrement à la zone commerçante. C'est aussi dans cette zone que se trouvent les auberges, et donc les voyageurs non-Lévitis. Ce quartier est le plus animé, à toute heure de la journée. Ici comme dans toute la ville, les rues sont plutôt bien éclairées. La plupart des boutiques ne ferment que très tard, et auberges et tavernes génèrent pas mal de va-et-vient, quelle que soit l'heure. Les rues sont larges, mais assez souvent encombrées, voire carrément bloquées lorsqu'on s'approche du pont. Les marchands essayent en général de partir avant l'aube pour éviter l'attente au niveau du poste de contrôle... mais comme ils sont nombreux à avoir la même idée...

Ysell haussa les épaules avant de poursuivre :
- Les immeubles sont à plusieurs étages, souvent mitoyens, et il n'est pas rare que leurs caves soient communicantes. Il y a plusieurs points d'entrée vers les souterrains. Le plus simple pour trouver une de ces entrées est de suivre les évacuations de l'eau de pluie. Les grilles sont fréquemment rongées par la rouille, et les barreaux ne sont pas des plus solides. Les souterrains eux-mêmes forment un labyrinthe dont moi-même je ne connais que quelques-unes des voies principales. La seule chose à retenir est qu'il faut suivre l'eau. Si vous suivez son cours, elle vous mènera vers la muraille, si vous le remontez, vous irez vers la ville haute et le palais. Il y a parfois quelques créatures volantes qui s'y terrent, mais elles restent près des sorties, dans les tunnels les plus étroits.

D'un signe du menton, elle indiqua un petit groupe de trois soldats qui passait dans une rue un peu en contrebas.

- Il y a des patrouilles qui quadrillent le secteur. Des groupes de trois, suivant un circuit variable d'un jour à l'autre. Les seuls points de passage fixes sont ceux où les patrouilles se croisent. Il est difficile de prévoir exactement l'heure de passage à un endroit précis.

La voleuse se permit un sourire, le premier depuis leur départ de la taverne de Veis.

- En fait la modification des circuits de surveillance a été mise en place suite à la suggestion d'une certaine personne... Une certaine personne qui a tout simplement posé quelques questions à une ou deux pointures de la cambriole pour savoir de quelle façon ils s'y prenaient pour réaliser leurs exploits sans se faire épingler en plein ouvrage.

Elle avait débité sa phrase tout d'une traite, s'animant soudain au point qu'on put presque deviner une légère rougeur en train de monter sous son teint hâlé.
Mais ce ne fut qu'un éclair, et Ysell reprit presque aussitôt son débit saccadé assez typique d'une personne peu habituée à parler longtemps.


- Si on remonte l'avenue qui part du pont, ou toute autre des cinq voies principales qui rayonnent autour du palais vers la muraille extérieure, on passe insensiblement de la couronne commerçante à la zone où réside le commun des Lévitis. Il y a encore quelques commerces, mais très peu. Et plus du tout d'auberges. Les journées y restent relativement animées, mais les nuits sont tranquilles. Ensuite, on passe à la zone où demeurent les plus riches, souvent des nobles, mais pas seulement. De beaux immeubles, des hôtels privés. Des rues larges et claires, parfaitement éclairées à toute heure. Là, même un pavé descellé se remarque. Les seuls secteurs qui restent vraiment passagers sont ceux de l'université, de la grande bibliothèque, les casernes et l'arène. L'université et la bibliothèque se trouvent de chaque côté de l'avenue qui passe juste en contrebas. Casernes et arène sont situées un peu à l'écart, dans la zone sud, à la limite entre la couronne populaire et le quartier privilégié.

La voleuse tourna le dos au pont et leva la tête.

- Et, tout au centre, cerné par un canal, il y a le palais. Les deux Conseils, militaire et civil, y siègent régulièrement. Parfois les sessions civiles sont publiques. Ma connaissance du palais se limite donc aux salles de l'assemblée et à la cour principale. Le reste est solidement protégé, tant physiquement que magiquement.

S'exprimant pour la première fois depuis qu'ils avaient quitté leur tranquille repaire au fond de l'impasse, Syld repoussa légèrement sa capuche pour laisser son regard se perdre vers les toits qu'on devinait, au delà du palais.

- Et le quartier des anciennes familles...

Ysell garda le silence un instant, avant d'acquiescer. Sa voix baissa encore d'un ton, prenant une nuance de respect.

- Oui. Toute la ville est organisée en couronnes concentriques centrées sur le palais, sauf le secteur à l'exacte opposée du pont. Jusqu'à l'extrême bordure de la cité, où il n'y a là plus aucune muraille, ce trouvent les demeures des familles de la plus ancienne noblesse, de ceux qui ont fondé Lévitas, qui en gardent les plus grands secrets magiques et qui siègent à titre quasi héréditaire dans les plus hautes instances civiles et militaires. Les anciennes familles fonctionnent pour ainsi dire presque en cercle fermé. Il y a des rumeurs comme quoi certaines familles seraient déchues, et d'autres réduites à la misère entre les murs nus de leurs manoirs. Toujours est-il que c'est encore là que se trouvent les dépositaires des plus grands pouvoirs de la cité.

Syld se rencogna sous son capuchon et fit mine d'observer les allées et venues des passants qui filaient de boutique en boutique sous le crachin.
Son regard tomba sur la silhouette lourde et terne d'un vaste bâtiment adossé à la muraille, dans le prolongement de la rue menant vers les casernes.
Les geôles de Lévitas. Le bâtiment paraissait vaste, mais il se prolongeait encore sous la surface. Plusieurs sous-sols avaient été excavés dans la roche et se connectaient à une partie refaçonnée des souterrains de la cité. Prisonniers ou esclaves de droit-commun transitaient discrètement sous les pavés proprets de la ville, bien à l'abri des regards hautains de ses habitants.

L'assassin réprima un frisson convulsif et fit mine de resserrer son manteau dérangé par une rafale au fort relent d'algue.

Ysell acheva brièvement :


- Il y a une autre ville sur le continent, à courte distance du pont. Il s'agit du port de Lévitas. Les mages du vent sont aussi bons - sinon meilleurs - que les Médioviens lorsqu'il s'agit d'accélérer la course d'un navire sur l'océan. La ville portuaire est donc très active et passagère, même si elles n'est habitée à temps plein que par des pêcheurs et des marins... en plus d'une certaine frange de la population lévitis trop démunie pour trouver sa place "en haut". Voilà en gros ce qu'il y a à savoir sur l'organisation de Lévitas. Si vous désirez visiter plus en détail certains endroits ou si vous voulez des renseignements précis, n'hésitez pas.
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 13 Oct 2011 - 21:54

L'assassin marchait d'un pas lent malgré le temps execrable, prenant le temps d'enregistrer tout ce qu'il voyait et entendait. L'organisation de la cité était logique, ancrées dans les origines artificielles du peuple qui l'habitait. Même si Shalanos suivait un modèle relativement schématique, on discernait encore la trace sous jacente du campement anarchique d'une armée de brigands épuisés.

Parmi le flot d'information, il ne put s'empecher de lâcher :


- Drôle d'idée, un mur pour protéger une cité volante...

Et de conclure l'exposé par une petite pique :

- Un vrai guide touristique ! Puis, sur un ton plus sombre : Plus qu'à aller remuer la fange que couve cette jolie cité...
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Ven 14 Oct 2011 - 0:50

Ysell ne releva pas la pique, se contentant de hausser les épaules avec indifférence.

- Sa seigneurie m'a demandé de vous servir de guide. Je le fais.

Elle garda le silence un instant, avant de céder à la tentation et d'ajouter :
- Que votre compagnie me plaise ou pas.

Puis elle émit un reniflement hautain et se mit à tapoter du bout de la semelle sur le pavé humide, les bras croisés.

- Et la muraille a autrefois eu sa raison d'être. Lévitas n'a pas été bâtie sur un caillou qui aurait eu dès l'origine la bonne idée de flotter dans les airs tout seul.

La voleuse lâcha un soupir puis se décida à reprendre avec un peu moins de dédain :

- Ici, la vraie fange ne se trouve pas en bas de l'échelle. C'est bien un des faits qu'il faut retenir, si on tient à se mêler des affaires des hautes sphères. Le système décisionnel de Lévitas est complexe, et il y a pas mal d'intérêts et de rivalités sous-jacentes au sein des familles de la noblesse. Il faut pas mal d'intelligence pour y frayer sans y laisser des plumes... et les gens vraiment intelligents s'arrangent en général pour se tenir à l'écart des affaires politiques.

Elle secoua la tête, songeant sans doute avec hargne à ceux qui avaient été pousser "sa Seigneurie" dans cet imbroglio. Lui qui avait toujours cordialement détesté la politique, préférant -non sans finesse- laisser s'exprimer ses convictions et son caractère, juste assez pour qu'on n'ait pas l'idée de venir lui accorder une promotion malvenue...

La jeune fille vrilla un regard qui en disait long sur les deux assassins. Qu'ils le fassent pour aider Earl, soit, c'était tout à fait louable, mais ce devaient surtout être de fieffés imbéciles pour s'imaginer pouvoir aller "remuer la fange" ainsi. Elle parut sur le point d'ajouter quelque chose, mais Syld commença soudain à s'éloigner, la coupant dans son élan verbal.


- Hé.. hey !
- Je pense que ça ira pour la visite, lâcha Syld sur un ton qui ne lui ressemblait guère, à peu près aussi glacial que Soghann dans ses plus mauvais jours. Nous savons où aller, maintenant.

Il corrigea un peu plus bas :
- Enfin moi je le sais.

Il ne pouvait plus vraiment reculer. Quoi qu'ils fassent, s'ils devaient se mêler un tant soit peu au gratin de la cité, ils finiraient par croiser soit un espion, soit Aelred en personne. Il fallait absolument prendre les devants. Autant qu'ils sachent tout de suite à quoi s'en tenir.

Restée bouche bée un moment, Ysell se secoua brusquement pour lui courir après.


- Hey, tu comptes aller où exactement ? gronda-t-elle, s'efforçant de ne pas trop hausser la voix, alors qu'elle l'aurait volontiers attrapé par le col pour le secouer comme un pommier en rugissant.
- J'ai quelqu'un à voir là bas.

Syld indiqua du menton le quartier des anciennes familles. Ysell le considéra comme s'il était devenu complètement fou.

- Quelqu'un à "voir" ? Quelqu'un à voir ? Mais nom d'une tornade...
- Je sais ce que je fais.

Et l'assassin de repartir d'un pas faussement assuré.
Il avait compté patienter jusqu'à la nuit pour traverser les quartiers huppés -où les allées et venues de piétons vêtus de manteau pas très frais se remarquaient trop aisément- à la faveur de l'obscurité. Mais le temps le servait : le vent s'était levé, balayant le crachin matinal, et poussait avec violence de lourds nuages noirs qui s'amassaient au-dessus de la ville. Le ciel s'était comme abaissé tel un couvercle tout juste retenu par les plus hauts pinacles du palais. La luminosité avait elle aussi baissé au point qu'on se serait cru en début de soirée.
De grosses gouttes tièdes s'écrasèrent au sol. C'était une belle averse qui se préparait, et les habitants s'empressaient de rentrer à l'abri, levant fréquemment le nez vers les nuages menaçants.
Profitant de cette occasion, Syld remonta vivement la rue, la quittant assez vite pour une des voies qui permettaient de contourner la zone centrale de Lévitas.

L'averse se déversa juste au moment où ils arrivaient en vue d'un des premiers hôtels particuliers.
Tenant d'une main son capuchon pour ne pas se retrouver à moitié aveuglé et noyé par la pluie battante, Syld s'arrêta un moment dans la zone d'ombre laissée par un réverbère que l'eau avait réussi à éteindre. Il semblait hésiter sur la route à suivre et plissait les yeux pour tenter de distinguer les silhouettes confuses des toits. Et pour cause : il n'avait jamais eu l'occasion de se promener à pied dans ce quartier. Tout ce dont il se souvenait, c'était la forme des toitures et l'agencement des bâtiments visibles depuis les fenêtres du manoir Adennon.
Le jeune homme aurait pu demander directement à Ysell, mais il n'osait ouvrir la bouche, de peur de rendre le contenu de son estomac sur les chaussures de la voleuse.

Finalement, un étroit canal barré de loin en loin par un pont et menaçant de déborder sous l'averse se présenta.
Syld obliqua aussitôt pour le longer, suivant l'eau qui filait par vagues rageuses entre ses deux rives de pierre taillée. Ils passèrent ainsi plusieurs hauts bâtiments qui n'ouvraient que de rares fenêtres sur le canal : ils se trouvaient du côté des arrière-cours et des entrées de service. Finalement, ils parvinrent à un mur que perçait un vaste passage voûté fermé par une grille, assez vaste pour laisser passer une voiture attelée. Le canal se poursuivait encore sur une centaine de mètres, avant de s'interrompre brusquement, laissant son eau se précipiter dans le vide.

Syld considéra l'imposante grille de fer forgé. A l'extrémité du passage voûté, on devinait une belle cour pavée. Bien qu'ils soient en pleine journée et qu'il fasse sombre, très peu de fenêtres semblaient illuminées. Seules les croisées au rez-de-chaussée d'une des ailes jetaient une lueur mordorée sur les dalles immaculées de la cour. Probablement les quartiers des domestiques ou les cuisines. Les hautes fenêtres des autres ailes demeuraient sombres et aveugles, comme si le maître n'était pas à demeure.
Une deuxième cour qu'ils ne pouvaient voir depuis leur poste d'observation s'ouvrait plus loin. Une belle cour d'herbe et de graviers blancs sur laquelle donnaient de beaux salons tout aussi sombres et déserts. Dans ce manoir qui ressemblait d'avantage à un palais miniature, on se serait déjà cru en plein milieu de la nuit. La demeure sommeillait sous les trombes d'eau qui noyaient ses vasques et fontaines extérieures.


- Je suppose que tu peux ouvrir cette grille.

Ysell en resta atterrée.

- Tu veux que je force cette porte ? Non mais tu sais qui appartient ce...
- Précisément.
- Ce n'est pas parce que je travaille plus ou moins pour sa Seigneurie que je peux...
- Ouvre-moi cette putain de grille ! siffla Syld, à bout de nerfs comme de patience.

Sa nervosité était à présent telle qu'il ne parvenait quasiment plus à se maîtriser. Son calme apparent s'était complètement envolé, et ce n'étaient pas le froid ou la pluie diluvienne qui le faisaient trembler tandis qu'il se rencognait dans un angle du porche, à peu près à l'abri de l'eau qui ruisselait sur la façade.
Il fixa le canal écumant sans le voir, presque aussi blême que le jour de l'enlèvement raté à la taverne de Veis.


- Bon sang, je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais pouvoir lui dire. Pas la moindre...
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mer 19 Oct 2011 - 0:23

Sans mot dire, Soghann avait suivi le mouvement, s'abritant lui aussi du ciel menaçant en relevant sa capuche. La procession avait un air étrange, entre les deux Shalos capés de noir qui filaient l'un à la suit de l'autre, et la petite voleuse à moitié paniquée derrière eux, dont l'appréhension augmentait à mesure qu'ils se rapprochaient de leur destination.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la grille que Syld lui demanda d'ouvrir, la voleuse lança un regard désespéré vers Soghann. La différence de taille la força à lever la tête pour plonger dans l'ombre qui régnait sous la capuche, et où elle ne rencontra que les deux perles bleues, glaciales, fixées sur elle.

Sans demander son reste, elle plongea les mains dans ses poches à la recherche de ses outils et se mit au travail. Elle venait de découvrir quelque chose, sous la façade insouciante des assassins, quelque chose qui ne lui plaisait pas.

Soghann se tourna ensuite vers Syld, dont le regard était plongé dans les remous du canal, aussi agité que devaient l'être ses sentiments à l'heure actuelle. Il alla se placer à ses côtés, suivant son regard.


- Je ne peux pas le faire à ta place. Mais je suis là.


Suite dans le manoir...
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 16 Avr 2012 - 14:46

Haletant, les mains un peu tremblantes, le jeune homme réajusta sa capuche. Ses yeux d'un gris-bleu un peu terne et injecté de sang scrutaient anxieusement les alentours. S'il était venu revendiquer ce qu'il pensait lui être dû, il n'avait de toute évidence pas envie d'être reconnu par qui que ce soit avant l'heure.

Il suivit le Shalos sans poser de question. La perspective des poings noueux des joueurs de cartes lui martelant le corps suffisait à lui faire accélérer le pas. Il se laissa donc conduire le plus docilement du monde jusqu'à l'humble demeure du marchand absent. Ce ne fut qu'une fois passé le seuil que le Lévitis parut reprendre sur lui-même.

Il repoussa son capuchon et se tourna d'un côté puis de l'autre, une moue de plus en plus prononcée sur les lèvres.

Aelred avait dit vrai. Il faisait sensiblement la même taille que Soghann et un gabarit similaire, même s'il n'avait clairement jamais fait usage de ses muscles pour autre chose que lever le coude ou se vautrer sur un sofa. Il avait dû avoir des joues pleines, presque poupines, avant que ses finances ne l'obligent à resserrer sa ceinture. Son teint était pâle, mais d'une pâleur maladive juste assombrie par le spectre bleuté d'un début de barbe maladroitement entretenu et pas vraiment symétrique. Ses cheveux blancs pendaient assez misérablement, un peu jaunis à force de côtoyer les fumées qui empuantissaient l'atmosphère des tavernes de bas étage. Sans doute manquait-il un solide décrassage et pas mal de repas pour lui redonner de l'allure. Ses poses étaient empreintes d'une mollesse affectée qui se voulait élégante, mais qui n'avait l'air que pathétique au vu de sa maigreur et des tremblements nerveux qui le secouaient.


- Eh bien...

Il toussa un peu pour s'éclaircir la voix.

- Quel est donc ce... taudis ?

Un taudis qui devait faire figure de palace pour quelqu'un qui avait dû dormir plus d'une fois sous un pont ou dans une étable.
D'un geste de la main, il balaya ce détail.


- Une... "planque", c'est cela ? Une solution temporaire, bien sûr. Qui vous envoie ? La famille Duharan ? Ou les Elorande ? Oui, les Elorande, ce ne peut être qu'eux. Ils ont assez d'influence pour avoir appris mon retour, oui.

Le jeune homme commença à aller et venir d'une démarche nerveuse. La panique face à la bagarre dans la taverne commençait à retomber, le laissant frémissant, les nerfs à vif.

- Je ne sais pas combien ils vous ont payé, mais c'est beaucoup trop. Vous auriez pu m'accueillir dès mon entrée à Lévitas. Ou mieux, au port. Ou... Ah, mais je suppose que c'est comme partout, les domestiques... Je suis un Veradis, Elsthan Veradis, vous entendez ? On ne fait pas attendre un Veradis, et on le laisse encore moins risquer de se faire prendre à partie par des... des manants.

Il se retourna brusquement vers Soghann et lui colla sa bague armoriée sous le nez.

- Vous voyez, ça ?

Il tapota le blason.

- Ca, ce sont les armoiries d'une des plus importantes familles fondatrices, compris ? Au moins aussi ancienne que les Elorande. Alors vous feriez mieux de ne plus commettre d'erreur.

Elsthan fronça les sourcils et se pencha pour scruter par dessous la capuche du Shalos.

- Eh quoi ? Un quelconque bâtard de mon très cher oncle bombardé palefrenier, ou quelque chose du genre ? Peuh, quelle idée. Mon père m'avait bien dit qu'il était du genre à trousser les servantes et à les laisser garder leurs rejetons. Enfin, il a toujours été excentrique, paraît-il. Tant qu'ils ne vont pas se faire d'idées sur leurs droits...

Il finit par cesser de faire les cent pas et lâcha un soupir excédé.

- Soit, peu importe. Je veux un bain. Allez, ne restez pas planté là ! Un bain, j'ai dit.
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 18 Juin 2012 - 14:09

Se remémorant la volonté d'Aeldred de ne pas faire couler le sang, Soghann résista à l'envie de donner au damoiseau son bain en lui faisant couler l'eau bouillante dans la gorge jusqu'à ce que mort s'en suive. S'étant assuré que personne ne les suivait d'un rapide coup d'oeil à l'extérieur, il se tenait campé devant la porte, les bras croisés, observant les mouvements, mimiques et manières du jeune homme pour qui il devait se faire passer.

Bon, et maintenant qu'ils l'avaient en main, qu'en faire ? Deux solutions se proposaient à lui : soit le tenir prisonnier, sans contacts avec l'extérieur, le temps qu'ils remplisse la mission à bien. Soit l'entourlouper, de façon à ce qu'il reste bien sagement, de lui-même, caché. Et donc éviter les risques d'évasion et la mission de surveiller un prisonnier en permanence. A moins qu'ils ne le confient à Aeldred, qui avait bien suffisamment de place dans son palais pour le cacher le temps qu'il faudrait.

Il fallait de toute façon commencer par l'amadouer, en attendant le retour de Syld. Quitte à l’assommer discrètement s'il s'avérait trop remuant. Aussi commença-t-il par s'incliner, au propre comme au figuré... Tout en en profitant pour tenter une imitation de l'accent Leviti.


- Mon identité et qui m'emploie importe peu. En revanche, je sais parfaitement qui vous êtes, et je vous protège à votre insu depuis que vous êtes arrivé en ville. En effet, le climat politique est quelque peu tendu ici, ces derniers temps... Et certaines personnes haut placées pourraient voir d'un très mauvais oeil le retour du fils prodigue d'une famille aussi ancienne que la vôtre, et de l'agitation que votre simple présence pourrait provoquer. D'autres ont encore le respect des grands noms, et souhaitent s'assurer de votre sécurité.

Il marqua une pause, guettant les réactions que son discours avait sur le jeune homme.

- Maintenant que vous êtes en sécurité, nous allons pouvoir passer à la suite des évènements. mais avant cela, nous allons attendre tranquillement le retour de mon coéquipier. Prenez vos aises, mais pas trop : il est possible que nous changions de cachette sous peu. Quant à votre bain, vous pouvez vous débrouiller seul : ne commettez pas vous non plus l'erreur de me traiter deux fois comme votre laquais. Je suis votre protecteur, pas votre homme de chambre.
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 18 Juin 2012 - 18:01

Vu son expression à l'évocation du climat politique tendu, le jeune homme n'était pas au fait du décès du Chancelier. Mais, plutôt que de demander des précisions, ce qui serait revenu à avouer son ignorance et sa quasi absence de relation avec l'aristocratie lévitis de la cité, il tenta de se donner une contenance en réajustant son col un peu râpé.

Cependant la suite du discours lui tira un franc froncement de sourcil. Un plis de colère tordit le coin de sa bouche.


- Me "débrouiller seul" ?

Il avait dû se débrouiller seul sans doute plutôt deux fois qu'une, puisqu'il fallait de l'argent pour entretenir des serviteurs. Mais voir quelqu'un qu'il considérait comme inférieur et attaché à sa personne refuser de se plier à ses volontés...
Quelques secondes passèrent avant qu'il daigne répondre avec sécheresse :

- Soit.

Nul besoin d'être grand sage pour deviner qu'il avait la ferme intention de se plaindre à son employeur du comportement de ce "protecteur" dès qu'il en aurait l'occasion... dans l'espoir que cet insolent serait rossé comme il le méritait.
L'effort qu'il fit pour ne pas trahir tout haut son indignation le fit se renfermer dans le silence, ce qui lui permit de réfléchir à son aise.


- Coéquiper ? Mais quel...

Ses sourcils pâles se froncèrent.

- Ce ne peut être... ce freluquet à l'auberge ? Alors il a fait exprès de...

Finalement, Elsthan n'était pas complètement idiot. Amolli par toute une éducation qui lui affirmait qu'il n'avait ni besoin de réfléchir, ni d'utiliser ses dix doigts, ce qui n'était bien entendu pas compatible avec le fait de n'avoir pas un sou vaillant. Le cerveau largement embrumé par des beuveries qui n'étaient compensées par nulle période sinon de sobriété, du moins d'effort physique ou intellectuel. Mais les Lévitis avaient eu l'ingéniosité et le courage pour bâtir une cité telle que Lévitas, et ces qualités mettaient du temps à se perdre complètement.
Il commença machinalement à tourner et retourner sa lourde bague avec un rien de nervosité.


- Pourrais-je connaître la raison de cette... prise de contact agitée ? Il aurait été plus simple de m'adresser directement la parole, ce me semble.
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