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 Les Rues de Levitas

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Soghann



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Localisation : Taverne de Veis

MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Lun 25 Juin 2012 - 14:55

Le Shalos leva un sourcil et prit un air circonspect :

- Parce que vous m'auriez suivi de plein gré vers cet endroit, si vous n'aviez pas été en danger ?

Se retenant de poursuivre sa phrase en maudissant la fierté Levitis, Soghann se dit que le jeune homme faisait preuve d'une vivacité d'esprit à laquelle l'assassin ne s'attendait pas. Mais il avait plus d'un tour dans son sac pour l'embobiner... Et, au pire, il restait toujours la solution du coup bien placé derrière la nuque.

Syld n'allait de toute façon plus tarder à arriver, maintenant... Même dans une ville mal connue, mettre plus de quelques minutes à semer une bande d'ivrognes ne lui ressemblait pas.
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Syld
Shan of the Dead


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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 26 Juin 2012 - 1:05

Elsthan se contenta d'une moue qui n'engageait à rien. Un vieux reste d'instinct à demi-rongé par l'alcool et les frasques diverses le poussait à taire son mépris. Enfin bon, ne pas l'exprimer tout haut était une chose, ne pas le penser en était une autre.

Il s'agita un peu, l'air de se demander quoi faire. Puis il renonça à l'idée pourtant séduisante du fameux bain : même si ce qu'il portait ne valait plus tripette, il n'aurait pas fallu qu'on le dépouille de ses vêtements pendant ce temps-là. On ne pouvait jamais se fier à la valetaille, et encore moins quand elle avait le verbe aussi haut que l'exemplaire en face de lui.

Une chaise un peu dure eu donc l'insigne honneur d'accueillir son noble postérieur décharné.

Poussées par les bourrasques, les branches du pommier griffaient les vitres aux carreaux aussi troubles et épais que des culs de bouteilles. Le mauvais temps avait décidément jeté l'amarre sur les plus hautes tour de Lévitas.

Il y eu un grincement de gonds et un raclement de planches gonflées par l'humidité, puis un bruit de pas boueux qu'on ne tentait nullement d'étouffer. La porte s'ouvrit sur un courant d'air glacial et un Syld tout à fait ébouriffé, détrempé, et hilare.


- Eh bien me voilà !

Secoué par un rire mal réprimé, il se débarrassa aussitôt de ses bottes qui fleuraient le caniveau et laissa tomber par terre son manteau en un tas informe et humide.

- Mmh, je crois bien que j'ai appris de nouvelles insultes aujourd'hui. C'était... très frais.

Il fit mine de remarquer leur invité et leva un sourcil un peu narquois.

- Oh ? Monseigneur...

Et le drôle de s'incliner, une main sur le coeur.
Après l'avoir examiné avec un peu plus d'attention, loin de la distraction offerte par les zoris et les cartes à jouer, le sieur Veradis ouvrit la bouche pour répondre. Mais le tintement un peu rugueux d'un lourd bracelet d'esclave le fit sursauter. Eh comment ? Depuis quand les esclaves s'adressaient-ils à un noble avec autant de légèreté ? Et puis surtout...
... par tous les vents, pourquoi celui-ci portait-il des bracelets où on reconnaissait encore assez clairement un blason semblable à celui qui ornait sa chevalière ?

Syld passa nonchalamment une main dans ses cheveux, faisant à nouveau tinter le lourd cercle de métal, et eut soudain l'air de saisir ce qui troublait ainsi le jeune homme.


- Ah, j’oubliais... L'employeur de Messire...

Un signe de tête vers Soghann.

- ... a décidé de vous offrir un cadeau de bienvenue. Moi. Bien sûr ce présent ne remplacera pas toute la domesticité qui devrait se trouver au service de sa Seigneurie, mais le temps que ses affaires soient remise en ordre...

Il laissa délicatement sa phrase en suspens.
De fait, Elsthan l'étudiait avec un intérêt croissant. Mais ce n'était pas le désir qui faisait luire ses yeux pâles... c'était plutôt le reflet des zoris que pouvait peser un esclave comme celui qu'on lui "offrait" ainsi.

Le laissant occupé à ses calculs, Syld s'approcha de son compère et lui glissa d'une voix presque inaudible, tout en se séchant bruyamment la tête avec une serviette qui traînait sur un dossier de siège :

- J'ai croisé Ysell devant la porte... Elle m'a donné une idée tout à fait réjouissante pour mettre notre oiseau "au frais" pendant un temps, une fois que tu estimeras en savoir assez sur son compte pour le remplacer. Il y a des navires qui partent chaque jour du port... les cales pleine de grimoires, de parchemins divers, et d'esclaves. Esclaves de naissance, prisonniers de droits communs, pauvres hères ayant un peu trop de dettes sur le dos. Sans sa bague et les papiers qu'il peut avoir dans ses poches, sa Seigneurie n'aura plus que son air hâve et sa mise crasseuse... en plus de ses grandes paroles. Pas assez pour convaincre un capitaine de navire de marchandise humaine. Il suffirait d'un petit somnifère ou d'un coup derrière la tête, et sa Grandeur se réveillerait en haute mer. Ysell trouvera des bras pour le porter discrètement hors de la cité. Et Adennon saura bien le retrouver s'il y tient par la suite.

Syld reposa sa serviette puis se retourna vers son "maître", tout sourire.

- Désirez-vous quelque chose, monseigneur ? Une boisson pour vous réchauffer, peut-être ? Ou...

Il décocha un bref regard qui en disait long vers Soghann.
"Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire... Si tu as des questions à poser, autant les poser rapidement. Je sens déjà que je ne vais pas supporter de le mettre de "bonne humeur" très longtemps..."
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Soghann



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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 5 Juil 2012 - 13:47

Tout en se frottant le menton d'un air préoccupé, l'assassin hocha la tête, et répondit sur le même ton.

- Cela me paraît être une excellente idée.

Profitant d'avoir le damoiseau sous son aile, il continuait à l'étudier. Les quelques échanges qu'ils avaient eu suffisait à donner au Shalos un assez bon aperçu du personnage. Suffisamment pour l'imiter de façon convaincante auprès de gens qui ne l'avaient pas vu depuis plusieurs années, en tout cas. C'était tout ce qu'il lui manquait, le reste consistant en renseignements et historiques donné par le vieux, ou trouvés dans sa bibliothèque... Et la bague, bien entendu, qu'il escamoterait avant de le livrer aux esclavagistes.

- Je pense que nous pourrons procéder dès demain.

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Syld
Shan of the Dead


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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 5 Juil 2012 - 19:51

Tout en s'affairant docilement à satisfaire les caprices d'Elsthan qui semblait plus que satisfait d'avoir dégotté un "serviteur" qui daignait enfin respecter son rang, Syld faisait de son mieux pour pour résister à l'envie croissante d'attraper une chaise et de la fracasser sur le crâne du Lévitis.
Tout regonflé de son importance, messire Veradis prenait ses aises... et ne manquait pas de foudroyer Soghann du regard dès qu'il avait l'impudence d'entrer dans son champ de vision.

Syld posa un verre de remontant sur la table avec une délicatesse un peu exagérée, assez symptomatique pour qui le connaissait un peu de l'effort qu'il devait fournir pour ne pas réduire le récipient en miettes et les faire avaler à son "maître". Profitant de son geste, Veradis l'attrapa par le poignet et le tira en avant, le forçant à garder l'échine courbée en une sorte de révérence. Sans un mot, il examina de plus près le lourd bracelet de métal et la boucle d'oreille qui indiquaient son statut d'esclave de luxe.


- Je suppose que c'est bien le genre de mon cousin, si je me fie à ce que j'en ai entendu dire.

Il relâcha sa prise mais Syld se garda bien de se redresser. D'une voix réduite à un simple murmure de confidence, il demanda avec juste ce qu'il fallait d'hésitation :

- Si je puis me permettre cette questions... aviez-vous pour projet de rendre visite à sa Seigneurie en premier lieu ?

Elsthan renifla le contenu de son verre d'une façon assez peu raffinée qui sentait l'habitué des bouges de dernière catégorie.

- En effet. Les Elorande sont mes plus proches parents et parmi les plus influents à Lévitas. J'irai demain. Enfin...

Il hésita un peu et coula un regard toujours peu aimable du côté de Soghann.

- Si cela ne présente aucun risque.

La famille Elorande.
Si Syld avait bien retenu entre deux bâillements les grandes lignes de ce que son compère avait trouvé nécessaire de lui communiquer au fil de ses lectures dans le bureau d'Adenon, il s'agissait d'une des anciennes familles qui comptait encore récemment parmi les plus riches et les plus influentes, en effet. Mais la disparition accidentelle du vieux chef de famille avait sensiblement réduit sa portée politique. Ne demeuraient dans la branche principale que les deux aînés, frère et soeur. Il n'y avait pas grand chose à dire sur la jeune femme, mais sur son frère, en revanche...
Valakan Elorande avait une réputation assez sulfureuse, même au delà des portes pourtant bien fermées des cabinets privés. Il avait renoncé à poursuivre sérieusement quelque étude que ce soit pour se consacrer à ses plaisirs personnels. Le siège qui lui était réservé au conseil ne faisait que prendre la poussière. Pourtant, en dépit de ses excès qui, si on en croyait les rumeurs, dépassaient assez allègrement les limites du tolérable pour un noble lévitis digne de ce nom, la richesse de la famille ne semblait nullement en péril. Bien au contraire, leurs finances étaient florissantes et la plupart des navires dont les cales résonnaient du bruit des chaînes et des bracelets de fer portaient le pavillon des Elorande.

"Plus proche cousin" ou non, Elsthan savait d'où venait le vent du moment qu'il fleurait les zoris. Le vieux seigneur lui aurait probablement claqué la porte au nez, mais son fils se montrerait probablement moins pointilleux, et plus enclin à remettre à flot un parent pauvre. Le "cadeau" qui lui avait été envoyé ne faisait que renforcer cette certitude. Le jeune homme se voyait déjà rétabli dans son manoir, fort occupé à ne rien faire, dans de beaux habits brillants et l'estomac plein.
Avec une autorité toute emplie d'assurance à cette perspective, Elsthan écarta Syld d'un revers de main et se leva.


- Bien, je suppose qu'il est l'heure pour moi de prendre un peu de repos. Et je compte bien trouver un déjeuner décent ainsi qu'un bain chaud en me réveillant. Ah, et mes habits lavés, aussi.

Sur ce, il alla tout naturellement prendre possession de l'unique lit de la demeure, non sans quelques remarques acides sur la qualité de la couche. Les effets du jeune homme dans les bras, Syld referma le rideau qui tenait lieu de porte et attendit des ronflements qui ne tardèrent pas à s'élever pour se retourner vers son compère. Avec dégoût, il laissa tomber les haillons au sol.

- Ah, retiens-moi...
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Soghann



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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 7 Aoû 2012 - 14:21

L'assassin, fidèle à son rôle de vigie silencieuse, n'avait pipé mot de toute la soirée, confortablement installé dans l'un des vieux fauteuils qui garnissait la pièce d'un semblant de confort. Lorsque Syld quitta enfin son propre rôle d'esclave, Soghann se fendit d'un large sourire, à moitié caché par la main dans laquelle était posé son menton. Observer son complice dans une telle mascarade lui procurait un certain plaisir, pervers d'une certaine façon.

- Ysell nous a-t-elle laissé un moyen de la contacter ou doit-on attendre son bon vouloir ? Mieux vaut agir à la faveur de la nuit, qu'attendre l'aube... Peut-être qu'on peut s'accorder quelques heures de sommeil ? Enfin, une fois le lit libéré, ce sera encore mieux.
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Syld
Shan of the Dead


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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Mar 7 Aoû 2012 - 15:37

- Il n'y aura qu'à accrocher un mouchoir à la porte du jardin et elle arrivera dans la minute... enfin c'est ce qu'elle m'a affirmé. J'imagine qu'elle aura déniché une carriole pour charger notre colis et qu'un ou deux gardes se seront fait graisser la patte avant l'aube pour oublier de contrôler son chargement.

Tout en se demandant vaguement si la contrebandière allait passer sa nuit à surveiller le bois de la porte dans l'attente du signal, Syld prit possession d'un fauteuil qui vomissait son rembourrage par un des accoudoirs.

- Laissons quelques heures à sa Seigneurie... juste pour qu'il soit bien profondément endormi quand je me ferai un plaisir de le réveiller en sursaut. Ca lui apprendra.

Un ronflement particulièrement sonore fit vibrer les carreaux de la fenêtre.

- Cela ne devrait pas prendre très longtemps, en fait.

Le jeune homme desserra d'avantage son col avec un soupir contenu.

- Prétexter un départ d'urgence nous permettra de lui faire cracher les renseignements qu'il pourrait encore celer : s'il a des papiers importants sur lui, voire même mis en lieu sûr... Dans la panique, si on tente d'emporter quelque chose, c'est que cette chose est essentielle. Je me méfie un peu de cet "imbécile". Il n'est peut-être pas très futé avec l'argent, mais ça sent le roublard malgré tout.

Il se massa machinalement les poignets sous les pesants bracelets de métal.

- Juste une chose. A l'instant où on devra dire "au revoir" à son Altesse, je me réserve l'insigne honneur de lui faire lécher le pavé.

Syld raidit ses doigts fins et fit un geste sec, tranchant l'air comme la lame d'une guillotine. Il se passa un bout de langue sur les lèvres avec un sourire vindicatif assez inhabituel de sa part. Se trouver à Lévitas semblait le rendre un peu nerveux et son caractère s'en ressentait sensiblement.
Décroisant les jambes, il se leva et s'étira avec des mines de chat.


- Mmh... je suis d'accord pour le lit. On va juste tuer le temps avant d'aller arracher Monseigneur à ses doux rêves de gloire et fortune retrouvées...

Surveillant d'une oreille les ronflements de leur invité, il alla vers son compère et enfouit une main dans les longs cheveux à présent si blancs pour lui tirer la tête en arrière. Glissant son genou replié entre les jambes de Soghann, il s'appuya sur le fauteuil et se pencha sur son "prisonnier".

- Tant qu'on ne fait pas de bruit... Maître.
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Soghann



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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 16 Aoû 2012 - 13:57

Soghann haussa les épaules avec un sourire insolent.

- Fais lui mordre le pavé si tu y tiens. Sa "capture" par des esclavagistes n'en sera que plus crédible. Quant à toi...

Sa main droite vint appuyer sur la nuque de Syld, rapprochant son visage à quelques millimètres du sien, tandis que la main gauche venait empoigner l'entrejambe de Syld.

- ... il semblerait que le rôle d'esclave commence à te convenir...
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Syld
Shan of the Dead


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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 16 Aoû 2012 - 15:16

- Mmh...

Par malheur, Syld n'eut guère le temps d'en dire d'avantage : la belle cadence des ronflements dans la chambre eut un raté et un bruit de draps froissés le fit se figer tout net.
Le sommier du lit émit un grincement sonore.


- Ohé ?
- Bordel de..., gronda l'assassin tout bas, avant de reprendre à voix haute, sans pour autant faire mine de bouger : Oui, votre Grandeur ?

Ce gêneur allait peut-être se rendormir, avec de la chance.

- Apportez-moi une autre couverture, j'ai froid.
- Il y en a dans l'armoire juste à côté de votre couche, mon seigneur.

Syld enfouit son visage dans le cou de Soghann. Faisant sauter les bouton qui fermaient son col, il glissa une main sur le torse de son compère.

- Eh bien c'est parfait, venez en prendre une et me la rajouter.

L'assassin se raidit et se mordit durement la lèvre pour ne pas répliquer par un des jurons les plus épicés de son vocabulaire. Et les Ombres savaient qu'il avait de la ressource de ce côté là !
A contre-coeur, il se détacha de Soghann.
Les yeux fermés, les deux mains agrippées au dossier du fauteuil, il mit si longtemps à retrouver un usage de la parole propre à ne pas heurter trop violemment de délicates oreilles lévitis qu'Elsthan finit par s'inquiéter :


- Hé, il y a un problème ? Qu'est-ce qui se passe ?

Sans répondre, Syld se redressa puis rajusta sa mise avant de repousser le rideau pour aller se pencher avec déférence sur le Lévitis. Sa mine grave finit de paniquer le jeune seigneur qui crispa les doigts sur l'ourlet de ses draps.

- Y a-t-il un souci ?
- J'en ai peur, mon seigneur. Selon toute vraisemblance, vos ennemis ont réussi à suivre vos traces en dépit de toutes les précautions prises. Nous venons de l'apprendre à l'instant même. Ils n'ont pas encore trouvé cette demeure, mais ils passent le quartier au peigne fin et...

A la grande satisfaction du Shalos, son "protégé" bondit tout tremblant et dépenaillé hors du lit. En chemise légère, sa presque maigreur n'en ressortait que d'avantage. Ce corps à la musculature presque débile... pire que famélique, il avait juste l'air pitoyable.

- M-mes vêtements ! Vite !

Ses oripeaux élimés lui furent docilement apportés. Si Syld n'avait été là, il n'aurait même pas réussi à boutonner sa chemise tant ses doigts tremblaient d'effroi.
A peine faisait-il irruption dans le salon qu'il apostropha Soghann avec une hargne assez remarquable.


- C'est intolérable ! Cet endroit était censé être sûr, non ? J'ose espérer que vous avez un plan de génie pour la suite, histoire de rattraper vos échecs lamentables !

Faisant tourner un mouchoir d'un blanc douteux entre deux doigts, Syld s'éclipsa discrètement.
Lorsqu'il rentra à nouveau, Elsthan en était à : "garde du corps à un quart de rupy, etc. etc.".
Laissant Soghann gérer la suite immédiate de "l'envoi du colis" et l'humeur dudit colis, Syld s'assit sur l'appui de la fenêtre gonflée d'humidité. Masquer la lueur venimeuse de ses yeux demandait déjà bien assez d'efforts pour l'instant...
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Soghann



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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 16 Aoû 2012 - 17:13

Soghann etouffa lui-même son lot de juron, tout en souriant intérieurement de la rage qu'il sentait chez son compère. Lorsque leur "protégé" fit irruption dans le salon, l'assassin saisi sa cape élimée et la passa autour des épaules maigrelettes, tout en annonçant sur un ton rassurant.

- Ne vous en faites pas. Vous êtes entre de bonnes mains...

Saisissant fermement la cape par le devant, il attira soudain Elsthan vers lui, tout en portant son poing droite à la rencontre de la pointe de son menton. Un instant plus tard, le jeune homme gisait sur le sol, proprement assommé et ligoté dans sa cape.

Après avoir jeté un oeil critique sur son oeuvre, l'assassin lança :


- Tout de même, c'est mieux quand il se tait !
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Syld
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 16 Aoû 2012 - 17:40

- J'avoue...

Syld se passa une main dans les cheveux en considérant Elsthan comme s'il avait une furieuse envie d'aller lui donner quelques coups de botte supplémentaires.

- Je crois bien que si c'était moi qui l'avait cogné, je lui aurais brisé la nuque par pur accident. Pas ma faute s'il est un peu fragile. Enfin, on va dire que cette fois-ci il a eu un coup de... chance.

Il dressa l'oreille du côté de la porte du jardinet. Un lointain grincement de roue pas très bien huilée se faisait entendre.

- Ah, le carrosse de sa seigneurie est avancé, ce me semble !

Le jeune homme quitta le bord de sa fenêtre pour sortir s'en assurer, non sans écraser au passage un ou deux doigts lévitis sur le plancher.
Un museau pointu de voleuse se profilait justement dans l'embrasure du haut portail entrouvert.


- Holà, Ysell. Belle soirée, non ?
- Trêve de plaisanterie et bouclons rapidement l'affaire. J'aimerais autant que la carriole ne stationne pas trop longtemps à l'extrémité de la ruelle.
- Inutile de s'inquiéter : on a autant hâte de se débarrasser de son altesse que toi de l'accueillir dans ta charrette. Il est tout tranquille et tout bien empaqueté, il n'y a plus qu'à le traîner jusqu'au véhicule.

Après avoir prélevé la bague que le jeune Veradis n'avait pas ôtée pour la nuit, ce fut un jeu d'enfant de l'amener jusqu'au hayon déjà baissé. Syld prit d'ailleurs un malin plaisir à lui faire heurter chaque pavé tout le long de la ruelle.
Les gémissements des essieux mal graissés ne tardèrent pas à s'amenuiser, jusqu'à laisser à nouveau place au relatif silence que ne troublaient que le vent et la rumeur de l'océan au dessous de la cité.


- Aaah, voilà une bonne chose de faite !

Le brigand alla se fourrer dans le fauteuil imprudemment quitté par Soghann et s'étira tout son content avec un ronron de satisfaction. Il jeta négligemment la chevalière armoriée sur la table avant de considérer son compère, un sourire mâtin sur les lèvres.

- Il semblerait qu'on soit seuls à la maison, à présent. Et qu'il faille patienter jusqu'à une heure avancée de la matinée avant de rendre visite à une autre "seigneurie", en espérant que celle-ci soit moins insupportable...
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Soghann



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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 23 Aoû 2012 - 17:07

Heureux de s'être enfin débarassé du colis, Soghann poussa un long soupir de satisfaction en regardant la carriole s'éloigner, chargée de son "précieux" butin. Voilà qui allait leur laisser le champ libre. Ne restant pas à l'extérieur plus que nécessaire, il revint dans la maison, qui prenait presque des allures de nid douillet sans l'horripilante présence du Levitis. Il se campa devant son compagnon, et se mis à se dévétir doucement, s'amusant d'observer la lueur d’excitation dans l'oeil scrutateur de Syld.

- J'ai l'impression que cela fait des années que nous nous sommes accordés une soirée tranquille...
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Syld
Shan of the Dead


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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Jeu 23 Aoû 2012 - 19:24

- J'ai aussi la même impression..., susurra Syld avant de se passer un bout de langue sur les lèvres, tout en étouffant un rire.

Du bout des orteils, il retira ses bottes qui churent mollement sur le carrelage. Un de ses pieds alla flatter le torse de son compère, glissant avec volupté entre les pectoraux avant de descendre accrocher la ceinture qu'il n'avait pas encore retirée. Attirant ainsi Soghann sans quitter son fauteuil, le jeune homme entreprit à son tour de retirer sa chemise. Le vêtement était autrement plus facile à enlever que celui du grand Shalos, mais après tout c'était précisément sa fonction...


- Voyons... le lit doit encore empester le Lévitis et le sol est trop froid. J'ai le vague souvenir de séances plus ou moins récentes de "jeu" sur une table. Un fauteuil changera un peu, non ?

Comme par enchantement, la ceinture de Soghann glissa dans sa boucle de métal et tomba au sol où elle s'enroula sur elle-même telle un serpent. A mesure que les pieds de Syld glissaient le long des hanches de son comparse, repoussant son pantalon, le sourire évocateur de l'assassin s'élargissait.
De fait, ils sauraient très bien combler leurs heures d'attente...

---

Les commerçants dressaient leurs étals devant la porte de leurs boutiques, jetant de temps à autre un coup d'oeil méfiant vers le ciel toujours morose. La matinée était déjà bien avancée mais ils ne se pressaient guère : le temps encore incertain n'inciterait pas les clients à quitter leur lit de bonne heure. S'il ne repleuvait pas d'ici là, peut-être que les acheteurs potentiels se décideraient à venir flâner dans les rues commerçantes en début d'après-midi.

Comme pour faire un pied de nez au climat, Syld débordait visiblement de satisfaction. De très légères cernes jetaient sous ses yeux une ombre d'autant plus visible que son teint avait été éclairci par Adennon, mais il n'en semblait que plus en forme. Il avait finalement l'air de s'accommoder de la lourde boucle d'oreille armoriée et des non moins pesants bracelets bien visibles à ses poignets. La brise marine seule lui tirait des frissons, s'insinuant sous ses manches raccourcies ou par le col de son manteau et de sa chemise légère.

Ils parvinrent dans le quartier des Anciennes familles un peu avant midi.
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MessageSujet: Re: Les Rues de Levitas   Aujourd'hui à 9:30

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