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 Les Plaines Tranquilles

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Fanaa
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MessageSujet: Les Plaines Tranquilles   Ven 7 Juin 2013 - 16:53


Devant les regards se trouvent de longues, très longues étendues d'herbes caressées par le vent. On aperçoit des bêtes sauvages filer, quelques arbres de-ci de là ...
La température y est douce et des ruisseaux chantent en parcourant les lieux. Ce qui attire le regard, c'est une immense tour qui, d'où qu'on la regarde semble toujours se trouver au centre. Au vu de la taille qu'elle fait alors que son pied se perd dans la distance, l'on peut deviner que la construction est immense.
Et dans le lointain, frange d'écume verte à la surface de l'horizon ... la forêt du Ternaël ...
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Elyra

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Dim 16 Juin 2013 - 20:18

Après les marais, traverser les plaines fut une partie de plaisir. Atalïn ne parut plus devant leurs yeux. La troupe n'avait plus besoin qu'on la guide après tout, il suffisait d'avancer tout droit vers la Forêt. Et pour avancer, ils avançaient. Yueh savait donner un très bon rythme et tout le monde arrivait à suivre. La haute tour se rapprochait de plus en plus. C'était étrange d'ailleurs ... le groupe avait choisi de traverser les Plaines en ligne droite, mais plus les voyageurs tentaient de garder leur axe de cheminement, et plus la tour se rapprochait. 

A la fin du troisième jour de marche, le groupe se retrouva au pied de l'édifice. Le bâtiment était immense, haut comme une montagne et les pierres qui la composaient étaient d'une agréable couleur jaune pâle à reflets, semblant tiédies par le soleil.


Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de l'entrée, la grande porte de bois s'ouvrit et une silhouette de dessina dans l'encadrement. En s'approchant, Fanaa et les autres purent voir un homme aux longs cheveux roux et aux yeux gris. Celui-ci ouvrit les bras et dit d'une chaleureuse voix de basse :

- Bienvenue à vous ô voyageurs. Je me nomme Ardann et suis heureux de vous accueillir à la Grande Bibliothèque. Ici vous seront offert repos et nourriture. Soins aussi, si vous en avez besoin. Tout cela en échanger d'une histoire, légende ou fait réel, souvenir personnel ou histoire d'enfants. Chaque personne qui passe apporte une pierre à l'édifice, chaque récit reste ensuite dans la Mémoire d'Adreis. Entrez, je vous en prie, et profitez du calme et du confort de ce lieu.


La Grande Bibliothèque était un lieu connu d'Adreis. Un lieu sans danger aucun et rempli de livres, de parchemins et autres merveilles pour tout amateur d'histoires.
Ardann ouvrit plus grand les portes et se poussa en s'inclinant légèrement pour laisser entrer l'équipée. 
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Brynn Steren

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Dim 16 Juin 2013 - 22:50

- Mhhhh ... quel délice ... s'exclama Fanaa en se laissant glisser dans un bain fumant.


Brynn sourit en observant la silhouette de la Danseuse disparaître derrière le rebord de la baignoire. Elle s'immerge jusqu'au bout des boucles et on entendit un bruit de bulles. Amusée, Brynn secoua la tête et finit de se débarrasser de ses vêtements. Elle se perdit dans tes pensées et se mit à triturer le bout de sa natte. La Grande Bibliothèque, la Tour de la Mémoire ... la soigneuse posa sa main sur une des pierres apparentes du mur. La sensation était tiède et agréable, celle de l'enceinte d'un lieu empli de souvenirs et de magie. Cet endroit était un lieu de répit, sous toutes ses formes. Ici, les blessures et autres affections physiques n'avaient plus court. Du moins ... c'était ce que la soigneuse avait entendu dire. 
Le dénommé Ardann, à la chevelure flamboyante leur avait montré les chambres et les bains, les engageant à se détendre avant le dîner puis la veillée ...


Un "piou" mécontent la tira de sa rêverie. Earl l'oiseau, perché sur les affaires de Fanaa semblait en colère. Brynn lui grattouilla le haut de la tête. La Chandlune avait voulu le relâcher en arrivant dans la vallée et il s'était envolé ... pour revenir râler quelques heures plus tard. Depuis il allait et venait selon son humeur ... humeur grognonne la plupart du temps. Mais malgré son caractère, c'était un joli petit oiseau et cela faisait très plaisir à Fanaa de l'avoir avec elle. Et puis le petit dragon n'essayait plus de le dévorer alors tout allait bien.


Brynn plongea dans sa propre baignoire, se récura de la tête aux pieds puis se laissa aller en arrière et ferma les yeux. Une histoire ... qu'allait-elle pouvoir raconter ?
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Mellyna

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Dim 16 Juin 2013 - 23:08

Mellyna s'était raidie en apercevant Atalin. Heureusement, la dryade n'avait pas fait mine de s'intéresser à elle, se contentant de les guider. Elle était restée légèrement en retrait du groupe.

*-Pourquoi boudes-tu ? Finalement tout s'est arrangé ?
-Oui, pour le moment.
-Tu n'étais pas si triste ces derniers temps, tu t'es réconcilié avec la danseuse, la douleur s'est atténuée qu'est-ce qui ne va pas ?
-J'ai... Je ne sais pas vraiment.
-C'est au sujet du lévitis ?
-En partie oui. Je m'inquiète de son sort... Et du mien une fois que je serai de nouveau en Son pouvoir.*

Le dragon ne répondit rien, il n'avait pas la solution, n'était pas assez fort pour lui promettre que tout se passerait bien. Il se désespérait de voir la dédrane s'éloigner de ses compagnons de route. Elle devenait plus maussade, plus sauvage ?

Quand elle entra dans la bibliothèque, les yeux de la gardienne se remirent à briller comme ils ne le faisaient plus ces derniers temps. Contrairement à son habitude, elle ne prit qu'un bain rapide et se précipita dans les étages pour se plonger dans les livres. Eleïr'l la suivit comme son ombre et la laissa profiter de ces instants de quiétude.
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Fanaa
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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Lun 17 Juin 2013 - 13:23

Fanaa dansait et sautillait maintenant en rond autour de la salle de bain, toujours aussi gaie. Elle se sentait vraiment bien, n'avait plus mal ni au cœur ni au ventre. Brynn avait donc eu tort à propos de son idée bizarre de grossesse, et le savoir était rassurant.


Lorsqu'elle s'arrêta, la tête lui tournait un peu mais c'était agréable. Elle se sentait légère ! Elle avait enfilé la robe bleue et blanches qu'elle s'était achetée, ainsi que des sandales. Cela faisait un bien fou d'être propre et de n'avoir rien de plus à porter que les vêtements qu'on avait sur le dos !


- Je meurs de faim ! s'exclama-t-elle, à la surprise de Brynn. Vite, il faut aller chercher les autres !

Courant dans le couloir, elle alla taper aux portes, tout sourire.

- Adwel ! Kyara ! Yueh ! Venez vite, il faut passer à table ! Vite, vite !
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Brynn Steren

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mar 18 Juin 2013 - 14:54

Durant le dîner, Fanaa dévora comme sil elle n'avait rien mangé depuis des jours. Ce qui était presque le tas. Amusée, la soigneuse l'observait rattraper son retard. Ca ne pouvait pas lui faire de mal, car la petite noisette qu'elle abritait dans son ventre devait avoir faim elle aussi.


Ardann était de bonne compagnie, très calme et toujours soucieux du bien-être de chacun. Il avait prévu du ragoût de moo, du fromage, des fruits et même de la glace pour le dessert ! Sans oublier la viande crue pour le dragon et les graines pour le petit oiseau.


A la fin du souper, il se leva de table et les mena à l'étage du dessus. Là, dans une grande pièce circulaire emplie de fauteuils et de coussins moelleux posés à même le plancher, il les invita à s'installer tandis que lui-même prenait place. La flambée d'une cheminée faisait danser de chaudes lueurs sur les murs.

- Chers amis, voici le temps de me conter ce que vous voulez. Une histoire par personne, c'est la règle. Ne soyez pas timides, je ne suis pas là pour juger, mon rôle est d'écouter et de retenir, pour emplir la Mémoire d'Adreis. Prenez votre temps, et que celui qui est prêt à commencer ... ouvre la bouche et nous fasse profiter de ce qu'il veut raconter.
Chers amis, c'est à vous.

Des petites tables étaient disposées çà et là, surmontées de pichets et de verres. C'est que parler pouvait donner soif.




[HRP] et maintenant chaque personnage doit raconter une histoire de son choix. Vous ne pouvez pas y échapper (pas si vous comptez ressortir d'ici un jour). Le choix du récit est laissé à l'interprétation de chacun. Le type aussi (souvenir, conte d'enfant, légende, épopée, rêve, anecdote personnelle...). Pour la longueur, ne vous retenez pas non plus, c'est au feeling. Si ces récits peuvent servir à ce qui se passera dans la Forêt ça peut être pratique, mais c'est comme chacun veut. Voilà, à vous ! ^^ [/HRP]
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Fanaa
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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mar 18 Juin 2013 - 15:11

Fanaa s'était assise sur un coussin, un bras autour de ses genoux repliés. Elle leva la main.

- Oui, mademoiselle ?
- On peut poser des question ?

L'homme sourit, un sourire tout à fait aimable, et inclina la tête pour répondre :

- Bien entendu.

Immédiatement, Fanaa leva de nouveau la main.

- Oui ?
- Vous allez nous raconter une histoire vous aussi ?

Le sourire d'Ardann s'élargit, passant de poli à vraiment amusé, tandis qu'il secouait négativement la tête.

- Non Mademoiselle. J'en connais trop, je ne saurais laquelle choisir. Et puis c'est votre rôle ce soir, non le mien.
- Oooh ... 

Fanaa était déçue. Un homme beau devait forcément raconter de belles histoires, non ? Puis elle leva le nez et tourna la tête en tous sens, se demandant qui allait se dévouer pour commencer le tour.
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Mellyna

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 19 Juin 2013 - 0:45

Une voix musicale et triste finit par briser le silence.

-Quand j'étais enfant, bien avant que la Mère ne m'éveille. Le chêne près de la maison me racontait des histoires pour m'aider à m'endormir malgré les voix de la forêt.
Il me berçait et taisait tous les bruits, je crois que tous ceux "qui savent entendre" écoutaient eux aussi, d'où le silence.


La dédrane sourit doucement dans la pénombre, le petit dragon vint se poser sur ses genoux, elle commença à le caresser au rythme de ses paroles.


-Il y a fort longtemps, dans un royaume lointain au delà des montagnes, vivait une princesse.
Elle était si jolie et si douce, que les princes se bousculaient à la porte de son père.
Cependant ce fut un chevalier qui trouva grâce à ses yeux.
Le roi, qui ne voulait que le bonheur de sa fille, les laissa se fréquenter malgré leur condition sociale différente. Le bonheur envahit leur vie, les matins étaient pleins de promesses, les soirs amenaient la joie de se retrouver.
Hélas, la guerre faisait rage dans les royaumes voisins. Et elle finit par atteindre la riche contrée.
Tous les chevaliers partirent au combat, y compris le futur prince, qui voulait défendre de ses mains sa bien aimée et son pays.
Les mois passèrent, de tristes nouvelles arrivaient du front, l'armée n'était pas en déroute mais les pertes étaient terribles.
La princesse ne cessait de se tourmenter, se maudire de ne pouvoir combattre.
Un jour, à l'aurore, elle fut prise d'un terrible pressentiment. Ne pouvant faire fit de ce sentiment, elle alla trouver la sorcière aveugle.
-Dame, les esprits m'ont donné un avertissement ce matin, il va arriver malheur à mon prince. Que puis-je faire ?
-Noble princesse, le destin n'aime pas être contredit. Le sauver requiert un lourd tribut, êtes -vous prête à le payer pour sauver sa vie ?
-Ma soeur sera là pour veiller sur l'avenir du royaume si je disparais. Je ne souhaite pas vivre sans lui.
-Ainsi soit-il.
Dans une grande gerbe d'étincelle, la princesse disparut, ne laissant que ses jupons sur le sol. Une tête finit par sortir du tas d'habits. Un superbe aigle de grande envergure avait remplacé la jolie jeune fille.
-Vole vers le Sud princesse, quand tu verras ton bien aimé combattre, tu devras crever les yeux de son adversaire. A cette unique condition, il aura la vie sauve.
Sans hésiter, elle prit son envol dans le ciel d'azur. Elle ne s'arrêta pas jusqu'à ce qu'elle ait accompli sa mission.
Le prince garda près de lui et choya le courageux animal qui lui avait sauvé la vie.
La guerre finit par être gagnée et ils rentrèrent au château. Ils le trouvèrent en deuil, la princesse avait disparu depuis des jours. Le soldat partit à sa recherche, en chemin, il croisa la sorcière aveugle.
-Mais ne la vois-tu donc pas noble prince ? Elle n'a jamais quitté ton bras depuis le jour où elle t'a sauvé.
L'homme pleura, de joie puis de la peine de ne plus pouvoir partager sa vie.
Il alla demander à la sorcière de le transformer à son tour pour vivre la même vie que sa courageuse princesse.
Depuis, quand on lève les yeux lors d'une bataille, on peut apercevoir deux aigles majestueux qui viennent en aide aux coeurs purs.
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Fanaa
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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 19 Juin 2013 - 11:58

La plume s'immobilisa dans la main d'Ardann et il inclina la tête.

- Je vous remercie ma Dame.


Dans la salle, Fanaa se mit à applaudir.

- Bravo Melly ! C'est une si jolie histoire ! Très positive. J'aime beaucoup. Et la sorcière est gentille. Bravo, bravo Mellyna !
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Mellyna

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Jeu 20 Juin 2013 - 11:23

Mellyna répondit au geste d'Ardann et sourit à la danseuse.
Elle avait choisi cette histoire spécialement pour la jeune fille et était très contente de sa réaction.
La gardienne voulait surtout contre-balancer par ce récit son attitude déprimée de ces derniers jours.


-L'histoire n'est pas de moi, le vieux chêne est un bon conteur. Murmura-t-elle toujours souriante.
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Brynn Steren

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 3 Juil 2013 - 13:23

Brynn bondit sur ses pieds et alla se placer devant l'auditoire. Elle adressa un signe de tête à Ardann avant de prendre la parole, souriante.

- J’ai d’abord songé à vous conter l’histoire de la fille d’elixia dont le plus grand souhait était d'être réelle mais qui, n’ayant jamais rencontré la personne capable de Changer les Choses, finit par périr noyée dans ses larmes ; et puis finalement j’ai décidé de trouver une autre histoire. Moins triste.

Cela commence dans le Ringèm alors que mon père, Firmament, y vit seul. Totalement seul. Il est le dernier de son clan, de sa famille. Il ne reste que lui au milieu de la brume et des monstres. Il n’a plus personne à qui parler depuis trop longtemps, pourtant il reste, il survit. Les monstres sont dangereux mais l’homme est coriace, il leur échappe toujours.

Une nuit, alors qu’il est couché dans son abri, il s’assoupit. Cela fait des années qu’il ne dort que d’un œil, qu’il reste toujours sur le qui-vive, l’arme à la main. S’il veut garder sa vie, il n’a d’autre choix que de se tenir prêt à la défendre. A chaque instant. Mais cette nuit, plus épuisé que jamais, il s’endort pour de vrai. Profondément. Et il rêve …

Il traverse la vallée du Ringèm et arrive devant une grotte qu’il n’avait jamais vue. Curieux et méfiant, il s’approche à pas mesurés, sur ses gardes et pénètre l’endroit. Dans la cavité de pierre il entend un souffle, celui d’une bête énorme. Sa prise se raffermit sur le manche de son arme. Il fait sombre et Firmament doit plisser les yeux pour tenter de distinguer quelque chose. Son instinct de survie lui crie de sortir, mais autre chose le retient. Il sent qu’il doit rester. Soudain, la lumière se fait dans la grotte. C’est la présence qui a ouvert les yeux, deux immenses yeux jaunes qui éclairent la salle. Firmament découvre en face de lui … un dragon. Un immense dragon rouge allongé.

- Une Dragonne. Tient à rectifier l’imposante créature.
Firmament ne sait pas quoi dire, ses sourcils se froncent et il brandit son arme.
- Paix, humain. Je ne suis pas venue pour une stupide bataille mais pour sauver ma race. Tu as déjà tué l’un des miens, je le sens sur toi. Tu as donc ce qu’il me faut. Viens par là.

Rétif, l’homme ne change pas d’attitude et fait un pas menaçant vers la bête. Celle-ci émet un soupir agacé, secoue la tête, puis ferme les yeux, replongeant la pièce dans l’obscurité. Firmament entend le bruit d’une étoffe qui tombe au sol et se raidit, écarquillant les yeux de toutes ses forces afin de distinguer ce qui se passe. Il a l’impression que l’on s’approche de lui mais lorsqu’une main – humaine !- se pose sur son bras, il tressaille. Il laisse choir son arme au sol avec fracas. C’est une main féminine, c’est une … Au mur, une torche qu’il n’avait pas vue s’enflamme, révélant la personne qui lui fait face : une femme des plus désirables, d’âge mûr, à la silhouette bien dessinée, aux formes plantureuses et la chair ferme, musclée. Sur sa tête, des écailles rubis sont disposées en lieu et place des cheveux. Étrangement cela n’est pas laid, mais lui donne un air exotique exquis. Le corps de Firmament réagit immédiatement et il veut l'étreindre, mais elle le repousse. Il a été seul pendant si longtemps... quelle qu'en soit la raison, il saisira l’occasion. Une femme. Une femme offerte dans ces terres désolées qu’il déteste. Il lutte pour l’étreindre encore, mais elle lui échappe et lui désigne un bassin qu’il n’avait pas vu non plus.
- Tu dois te laver d’abord.

Il y va. Il y court, même. Il ferait n’importe quoi. Depuis qu’il l’a vue, il n’est plus capable de penser, d’agir, son esprit est bloqué. Il n’est plus programmé que pour une seule action. Une fois qu’il est propre, il sort de l’eau devenue crasseuse et s’avance droit sur elle. Après tout ce temps solitaire il va enfin …

Et il se réveille.

Quelle n’est pas sa frustration ! Pour tenter de se calmer les nerfs, Firmament traverse la vallée en tentant de retrouver le même cheminement que dans son rêve. Puis il arrive devant une grotte. Qu’il n’avait encore jamais vue. Sans hésiter, il entre. Au mur, une torche flambe. Dans un coin de la pièce, un bassin d’eau attend. La femme-dragon apparaît, aussi attirante que dans son rêve. Elle entrouvre ses lèvres rouges mais il la devance :


- Je dois me laver d’abord, je sais.

Sans attendre qu’elle acquiesce, il se déshabille et se plonge dans l’eau. Tandis qu’il se frotte, il demande :

- Pourquoi moi ?
- Tu es fort, je le sais. De plus, tu as tué l’un des miens et il t’a laissé quelque chose. J’en ai besoin. J’en ai besoin maintenant !

Prêt à passer à l’action, Firmament sort du bassin et s’approche d’elle, bras tendus. Il voit son demi-sourire mais n’en a cure. Les raisons il s’en fiche aussi. Seul compte l’acte. Il va l’étreindre lorsqu’elle redevient la grande dragonne rouge, ouvre une gueule pleine de dents et la referme sur lui, le gobant d’un seul coup. Après avoir dégluti, elle va s’allonger et ferme à demi les yeux."


Brynn se tut, laissant à son public le temps d’imaginer la scène avant de reprendre :

- "Elle attend. Les heures passent. Puis elle se redresse, arrondit le cou, ouvre la gueule et recrache le corps nu et couvert de bave de l’homme. Sans douceur, elle le secoue pour qu’il reprenne ses esprits. Lorsqu’il ouvre les yeux, elle dit :

- Tu vas quitter les lieux sans te retourner. Dans 5 phases lunaires exactement, tu reviendras ici. Pas avant tu m’entends ? Si tu as respecté ma demande, tu auras peut-être un remerciement en plus de ta vie que je te laisse. Mais si jamais il te prend l’idée de retourner dans la grotte avant la date fatidique, je te dévorerai vraiment. Pars maintenant.

Sonné, frustré et avec l’impression (juste) d’avoir été utilisé, Firmament se rhabille et s’en repart la tête haute. Les jours passent et toutes ses pensées tournent autour de ce qui s’est passé. Pourquoi lui ? Et puis pourquoi n’avait-elle pas agi comme dans son rêve ? Ça aurait été tellement plus agréable que de se faire avaler tout cru … Ne jamais faire confiance à un dragon. Il fait plusieurs fois le chemin qui mène à la grotte mais sans jamais y entrer. Il cherche une trace, un signe de la dragonne rouge, quelle que soit sa forme, mais il ne la croise jamais. Soit elle reste confinée dans sa grotte, soit elle a quitté les lieux. Il ne pousse pas l’audace à aller vérifier de plus près, ne souhaitant pour rien au monde finir dans l’estomac de la créature.
Le jour dit, il revient sur le lieu de la scène et entre dans la grotte. Celle-ci est complètement vide, hormis un œuf. L’œuf lui arrive aux genoux et la coquille, de la même couleur rubis que les écailles de la dragonne, luit doucement. Il cherche mais il ne se trouve absolument rien d’autre dans la grotte. Alors il s’approche pour soulever l’œuf et à ce moment, la coquille commence à se fendiller. Bouche bée, il observe, se demandant si la dragonne lui a vraiment laissé l’un de ses petits en récompense. Il le mérite, il est leur géniteur après tout. Il s’imagine déjà, volant sur le dos de sa splendide monture. Avec ça, les monstres du Ringèm allaient voir leur nombre dégringoler. Puis il se rappelle qu’il s’est déjà fait avoir une fois. Alors si la dragonne lui a laissé un petit, c’est probablement le plus difforme ou le plus chétif de tous. A cette pensée, le visage de Firmament se ferme. Lui-même n’est ni très grand, ni très beau et surtout une de ses jambes est plus courte que l’autre. Elle aurait donc fait cela pour se moquer ? Réunir les deux diminués ? Une idée stupide et cruelle. Digne d’un dragon.
Les pans de la coquille tombent enfin. Mais ce n’est pas un dragonnet qui apparaît sous le regard de Firmament. C’est une fillette ! Une fillette aux cheveux roux qui ouvre et pose sur lui de grands yeux d’or lumineux. Des iris de soleil et un regard grave, trop grave pour une enfant qui vient juste de naître."


Brynn fait un grand sourire pour conclure :


- Tadaaaaaaaaaam !
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Mellyna

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mar 9 Juil 2013 - 21:13

Plus l'histoire de Brynn avançait plus le dragonnet s'éveillait.
Il avait ouvert à demi un œil à la mention du mot "dragon" et à la fin de son histoire, il se tenait bien droit, parfaitement éveillé, sur les genoux de la dédrane.
Mellyna sentait l'espoir du dragonnet et la tension qui l'habitait. Elle détailla la jeune fille.
A sa grande surprise, ce fut le petit qui prit la parole dans la langue des dragons, son lien lui permit de comprendre la phrase.


-Es-tu la dragonne ou n'as-tu qu'hérité de ses souvenirs ?
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Brynn Steren

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 10 Juil 2013 - 1:17

Brynn pencha la tête de côté et garda le silence pour quelques secondes. Elle avait besoin de se concentrer pour comprendre le langage du petit dragon. Lorsqu'elle prit la parole pour répondre, elle parla en humain :

- Ni l'un ni l'autre. Ce qu'elle a laissé en "cadeau" à mon père c'est tout ce qui était trop humain, tout ce dont elle ne voulait pas. Elle a fait le tri dans ce qu'elle a pris à Firmament, elle a gardé le meilleur pour ses enfants, de vrais dragons rouges, et le reste ça a donné ... moi !

Son sourire n'atteignait plus ses yeux. La soigneuse haussa les épaules.

- Mon père était déçu, mais moi je fais avec. Ca me fait quelque chose à raconter.

Elle baissa la voix :

- C'est toujours ça.

Puis elle se redressa et haussa de nouveau les épaules pour accompagner un nouveau sourire.

- Peut-être que j'aurai une bonne surprise plus tard ?
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Kyara

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 10 Juil 2013 - 12:58


Shadow s'installa dans un coin, un peu en retrait des autres. Kyara préféra s'installer non loin de Fanaa. Il soupira en silence, raconter une histoire et puis quoi encore ! Il secoua la tête. Que faisait-il dans sa première vie ? Il racontait des histoires en s'accompagnant de son violon... C'était tellement loin ! Pourtant... Il allait bien devoir expliquer pourquoi il ne pourrait pas entrer dans la forêt.

Alors il ouvrit la bouche :


« Je suis né bien avant que l’elixia n'arrive sur Adreis ; ma première vie... je suis né à Shalanos. Ménestrel, je sortais de temps en temps pour parcourir le monde, apprendre de nouvelles histoires et raconter celles que je connaissais. Un peu comme ici, pour ne pas qu'elles se perdent.
Un jour que je me trouvais dans le Ternaël, je suis tombé, me suis fait une grosse entorse et quelques égratignures un peu partout sur le corps. J'étais au milieu de la forêt, personne avec moi, à la merci de n'importe quelle bête. Mais des Dédranes m'ont trouvé avant que le soir ne tombe et m'ont ramené dans leur village. Ils m'ont soigné et m'ont offert l'hospitalité jusqu'à ce que je me remette assez pour que je puisse repartir tout seul. »

Il marqua une pause, réfléchissant à la suite, comment dire les choses... Il sourit devant sa propre bêtise, lui un ménestrel qui n'arrivait même pas à raconter sa propre histoire... pathétique !

« Je pensais repartir au bout de 3 ou 4 jours, une fois mon entorse guérie, pourtant je suis resté bien au delà... Parce que j'ai croisé ses yeux. De magnifiques yeux verts. Elle était si belle... »

Il sentit son cœur se serrer en repensant à elle, il soupira

« Au début nous flirtions sans nous en apercevoir, enfin surtout moi. Mon entorse était guérie mais je restais pour elle. Pour voir ses yeux, ses longs cheveux blonds flottant au vent, son visage encadré par ses deux mèches vertes, son sourire, son rire qui me faisait fondre... Son innocence... Elle paraissait si innocente à coté de moi, un shalos, moi qui n'étais que perversion. Nous étions vraiment l'opposé l’un de l’autre. J'aurais donné n'importe quoi pour rester auprès d'elle mais... Elle était promise à un autre et son père, le chef du village, n'appréciait pas vraiment que je sois si proche de sa fille !
La fête du printemps arrivait à grands pas, elle m'avait demandé de rester jusque là. Ce que je m'étais empressé d'accepter !!
Cette nuit là fut magique... Je montrais mes talents de violoniste et de conteur... Elle me montra le paradis …
Je finis par rester quelques semaines de plus. Puis un soir, elle me rejoignit au pied de notre arbre... Pour m'annoncer qu'elle attendait un enfant de moi... Sur le coup j'en suis resté sans voix... Moi, père... !

Quand son père l'apprit, je fus chassé du village et finis par retourner à Shalanos.
Quelques mois plus tard, j'avais un fils... Mais j'ai perdu sa mère à tout jamais... Son père me confia notre enfant, car il avait les cheveux noirs.
Je fus banni de la forêt et une malédiction me fut portée... Mais passons tout cela est de l'histoire ancienne !!"

Voilà, pour ma part.

Shadow avait omis pas mal de détails, cela était si douloureux d'en parler... Même après toutes ces années, la douleur était encore présente.

Une odeur de fleur se répandit dans la pièce et « Kyara » vint entourer de ses bras les épaules du shalos qui se raidit. Leurs yeux se croisèrent et l'instant se dissipa, laissant les deux shalos étonnés. Kyara s'éloigna rapidement, presque comme si elle s'était brûlée et laissa là un Shadow rêveur...
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Mellyna

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 10 Juil 2013 - 23:44

Mellyna et Eleïr'l voulurent demander plus de détails à la jeune fille mais son attitude les en dissuada.
Enfin dissuada la dédrane qui intima à son compagnon à écailles de se taire tout en lui promettant de l'aider à interroger Brynn plus tard.
Il était tellement avide de savoir où était les siens ! Au côté d'un vrai dragon il pourrait grandir sans se soucier de la santé de la gardienne. Devenir fort, apprendre, il ne demandait que cela !
Ils écoutèrent sagement le surprenant récit du shalos.


*Finalement cela fait du bien de savoir que je ne possède pas le monopole des histoires d'amour malheureuses.*
Mellyna ne dit rien mais observa Shadow avec plus de soin et d'empathie qu'auparavant.
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Adweliwen

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Sam 13 Juil 2013 - 14:30

Adwel était assise a terre en tailleur, la bouche mi-ouverte et les yeux pétillants de l'imagination enfantine qui lui permettait de "voir" les histoires.

Elle devait en raconter une également... mais elle avait beau se tourner les méninges, elle ne parvenait pas a construire un récit par elle même... et puis les autres histoires qu'elle connaissait devait déjà figurer dans les livres présents ici.. Était-ce grave de raconter une histoire déjà connue?

Elle fronça les sourcils... Une histoire, une histoire... Un voile vert se mélangea dans le bleu de ses yeux... Elle se redressa un peu, cligna des paupières et se leva


Je ne connais pas trop d'histoires nouvelles. J'espère que celle-ci conviendra.

C'est une jeune fille, tout juste sortie de l'enfance, qui avait l'habitude d'aller chercher l'eau au puit de la rivière pour aider sa mère. Avant chaque départ de la maison, sa grand mère lui demandait toujours de bien faire attention à elle. Elles habitaient près de Dédride et même si elles étaient Médioviennes, la forêt pouvait parfois appeler le cœur des jeunes filles.
"Oui, Grand-mère, je sais! si je ne fait pas attention, je me transformerais en arbre... Je sais..." répétait toujours la jeune fille.  

Elle prit alors ses affaires et se dirigea vers la rivière. Pour cela, elle devait longer un petit lac où des cygnes et d'autres oiseaux effectuaient leur danse aquatique ou aérienne. Plus elle approchait de la rivière qui se jetait dans le lac et de la forêt, moins elle voyait d'animaux. Les chants s'étaient tus.

Inquiète, elle serra un peu plus fort le seau qu'elle tenait. C'était la sa seule arme contre... contre quoi? la forêt?

Elle arriva près du puit qui aidait a récupérer l'eau propre de la rivière. Il n'y avait que le son du vent dans les arbres et l'eau s'écoulant... et un gémissement profond.

La jeune fille regardait autour d'elle. Rien ni personne. Elle remonta alors le long de la rivière. Elle marcha jusqu'à ce que le gémissement se mut en sanglot.

Une grotte l'attendait d'où sortait un filet d'eau. Pourtant, la source était habituellement jaillissante. La jeune fille s'approcha, peu a peu... quand soudain, un grondement énorme coupa son envie d'avancer d'un pas supplémentaire. Prise d'une terreur qu'elle n'avait jamais eu, elle fit demi-tour en se tenant la tête, bouchant ses oreilles.

Elle était tellement plus loin de sa maison que d'habitude qu'elle mis la journée entière pour revenir les pieds en sang et les larmes coulant sur son visage. Une fois chez elle, elle enfouit son visage dans les jupons de sa grand mère qui posa une main sur sa tête de manière rassurante.
"Laaa, tout va bien.. qu'as tu vu mon enfant?
- Je ne suis pas un arbre! je ne suis pas un arbre qu'il a dit... et je ne suis pas La fille de la rivière... Je n'avait pas le droit d'entrer ... d'entrer dans la Grotte de la Source Jaillissante. "


Adwel s'arrêta de parler. Puis se gratta la tête
- Je suis désolée, je me souviens plus très bien de la fin... j'espère que ça vous a plut quand même et... se tournant vers leur hôte C'est pas grave si je fini comme ça?
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Elyra

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Sam 13 Juil 2013 - 15:02

Ardann termina la phrase qu'il était en train d'écrire, la conclut d'un point, puis le va ses yeux gris vers Adwel, un sourire bienveillant aux lèvres.

- C'est très bien Mademoiselle. Je vous remercie.

Il redressa la tête.

- N'hésitez pas à vous servir si vous avez soif. Vous n'êtes pas trop fatigués ?

Cette dernière question était de pure forme. La Tour de la Mémoire était un lieu magique dans lequel le temps faisait comme ... une pause. Ce qui expliquait que Fanaa ait retrouvé l'appétit et que son oeil blessé ne la fasse plus souffrir. Pour la même raison, aucune des personnes présentes dans la pièce ne pouvaient se sentir fatiguées. Pas tant que leur hôte ne l'aurait pas décidé ainsi.
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Fanaa
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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Lun 15 Juil 2013 - 17:42

Fanaa avait ôté le tissu qui couvrait son oeil? Celui-ci ne le faisait plus souffrir et en plus elle pouvait voir avec. Elle se mit debout.

- Si vous le permettez, je peux raconter la prochaine histoire.
- C'est à vous Mademoiselle. dit Ardann en lui indiquant l'espace libre à côté de lui.

La jeune fille se leva et alla se placer en se tordant les mains, nerveuse.

- Le Ringèm ... commença-t-elle d'une voix rauque, avant de s'arrêter pour tousser, boire une gorgée d'eau et inspirer puis expirer calmement.

- Excusez-moi. Je commence :
Il y a très longtemps, à l’époque où le Ringèm était encore entouré d’un haut mur, Manniskör, le roi de l’un des pays frontaliers décida de le prendre d’assaut. Comme tout le monde il avait entendu parler de ce peuple protégé des Dieux, à l’abri derrière son enceinte magique, détenteur de richesses et de secrets plus précieux que tout. Comme un bon nombre avant lui, il désirait posséder ces inestimables trésors. Il n’était pas le premier à tenter une telle attaque, les autres étaient chaque fois rentrés bredouilles et frustrés, ayant entendu les sons venant de derrière le mur, mais n’ayant jamais réussi à y faire la moindre brèche. Sachant cela, Manniskör ne s’était pas lancé de suite à l’assaut. Il avait fait des recherches, réuni des conseillers, consulté des sorciers afin de trouver une solution, mais nul ne la lui apporta. Il pria aussi, il pria beaucoup et avec ferveur son Dieu Guilerm. Ce dernier commença à lui envoyer des songes :

Dans le premier, Manniskör marchait vers le Ringèm suivi de ses hommes et s’arrêtait devant le mur, un mur plus haut que n’importe quel arbre. La muraille, parfaitement lisse et d’un blanc laiteux l’appelait. Il y posa la main et eut les visions ce qui se trouvait derrière : des enfants nus couraient en riant, des femmes belles comme le jour gardaient un œil sur eux, se promenant au milieu de fleurs colorées qui embaumaient l’air. Il ne faisait ni trop chaud ni trop froid derrière la muraille et tous y vivaient heureux, à l’abri du monde extérieur. Au centre de la magnifique vallée s’élevait un palais blanc aux fenêtres duquel on pouvait apercevoir couleurs et lumières. Il y avait de belle musique, Manniskör le savait, sans même l’entendre. Et surtout, y étaient exposés les artefacts divins offerts à ce peuple de couards. Oui des couards. Car se cacher derrière la protection des Dieux et ignorer totalement le reste de monde, voilà qui était, pour Manniskör et tous les peuples qui ne pouvaient pénétrer le lieu paradisiaque qu’était le Ringèm, une attitude qui dénotait une absence de courage évidente.
Ses hommes, qui avaient eu le même réflexe que lui, rompirent le contact en même temps que leur roi et ne se sentirent que plus déterminés à arracher à ces gens cette vie facile qu’ils refusaient de partager.

Dans le deuxième, Manniskör et ses hommes longeaient le mur à la recherche d’un passage, une faille ou un signe indiquant qu’ils pourraient forcer le passage. Le roi était confiant, il savait que son Dieu le guiderait, il savait qu’il était juste de partager les trésors du Ringèm avec le reste du monde. Au bout de quelques jours de marches, ils trouvèrent la faille. C’était peut-être l’unique endroit à l’enceinte étaient abîmée. Pas de beaucoup, certes, mais après des kilomètres de mur en parfait état, c’était bon signe. Guidés par leur foi en Guilern, les hommes abattirent des arbres pour en faire des béliers et taper, taper sans discontinuer au centre de la faille. Leur ténacité fut récompensée quand, à la fin de la journée, le mur s’écroula enfin.

Le troisième rêve lui montra que le mur partit en poussière, offrant enfin la vallée aux yeux de tous, les laissant profiter des parfums, de la douceur de l’air … Armés, ils entrèrent, s’attendant à ce que leur intrusion ait donné l’alerte chez leurs ennemis. Ceux-ci étaient probablement embusqués, armes à la main, ou alors ils les attendaient plus loin. Ils ne rencontrèrent jamais d’opposants armés. Non. Mais des hommes et des femmes, grands, beaux, peu vêtus s’approchèrent d’eux, tout sourire, portant des paniers de fruits qu’ils leur offrirent. Ils parlaient une langue que nul, parmi les hommes du roi ne reconnaissaient. Manniskör lui, qui en qualité de souverain avait fait des études, trouva que les sonorités ressemblaient à de l’adrenien ancien, sans en être tout à fait. Depuis combien de temps ce peuple était-il à l’abri derrière la muraille ? Depuis combien de siècles pour que même leur langue n’ait pas évolué ? C’était effrayant. Manniskör cria à ses hommes de rester sur leurs gardes. Après tout, peut-être y avait-il un piège ? Lui-même tendit la main pour attraper le poignet d’une femme afin de vérifier qu’elle n’était pas une illusion. Non. La peau était douce et souple sous ses doigts, elle émit un son qui devait signifier qu’il lui avait fait mal et qu’il devait la lâcher. Il la regarda dans les yeux, deux yeux bleu foncé expressifs. Au lieu de la lâcher, il serra plus fort et commença à la tirer vers lui. Dans le regard bleu passa d’abord de l’incompréhension, puis celle-ci fit place à la peur. Alors qu’il n’avait donné aucun signal, les hommes de Manniskör réagirent, levant leurs armes et en frappant ceux qui les avaient accueillis. Le chant des oiseaux avaient été remplacés par des cris, le parfum des fleurs par l’odeur métallique du sang. Le paradis se changeait en enfer, et Manniskör sentait que c’était bien.

Le quatrième et dernier rêve mena le roi et sa troupe à travers la belle forêt jusqu’à une rivière. Ils traversèrent le pont et marchèrent droit sur le Palais Blanc. Nul ne vint leur barrer la route. Ils tuèrent ceux qui se trouvaient sur leur chemin facilement, car nul ne s’opposait réellement à eux. Il semblait que personne parmi les habitants du Ringèm ne savait se battre. Ils arrivèrent à la salle du trône et se saisirent des souverains, les interrogèrent afin de connaître leurs secrets, leurs trésors, seulement si ils y répondirent, nul ne fut en mesure de les comprendre, leur dialecte étant vraiment trop ancien. Une fois qu’ils furent achevés, Manniskör marcha sur leur cadavre et prit place sur le trône. Dans la salle retentirent les hourra de ses hommes. Plus tard ce serait les hourra des peuples voisins, car lui, le Roi Manniskör avait réussi l’exploit de prendre le Ringèm. Un exploit assez ridicule étant donné que nul ne s’était opposé à eux, mais qu’à cela ne tiennent. Lorsqu’ils raconteraient eurs faits d’armes, ils les enjoliveraient. Assis sur le trône, Manniskör sentait une chaleur et des picotements le parcourir. C’était le pouvoir qui l’emplissait, qui faisait de lui le plus puissant, loué soit Guilerm !

Après ces songes prémonitoires, le roi prépara son expédition et tous partirent vers la vallée du Ringèm. Comme dans les rêves, ils trouvèrent la faille et l’enfoncèrent. Comme dans les rêves, les kilomètres de murs tombèrent en poussière. Comme dans les rêves, ils entrèrent dans la forêt, et les habitants du Ringèm les accueillirent avec des sourires et des fruits, causant dans leur dialecte trop ancien. Le Roi saisit le poignet de la femme aux yeux bleu. Et alors qu’il décidait de lui faire l’amour plutôt que de la tuer, qu’il faisait le projet fou de la prendre pour reine, les jolies lèvres roses se tordirent en un rictus et la femme eut un rire désagréable. Le ciel s’assombrit, les arbres et les habitants du Ringèm tombèrent en cendres. Une voix caverneuse retentit dans les esprits de Manniskör et de ses hommes, suivie d’un rire rauque. Il leur souhaitait la bienvenue. Puis l’obscurité fut sur eux. Une obscurité plus noire que le fond d’un puits fermés, épaisse, gluante, qui s’engouffrait dans leurs yeux, leurs bouches, leurs oreilles et leurs nez. Qui les aspirait un par un, les engloutissait. Jusqu’à les faire totalement disparaître.

Car celui qui les avait guidés n’était pas le Dieu Guilerm, mais Svaär. Et il y avait réussi.


Fanaa se mordilla la lèvre et se prépara à retourner à sa place quand Ardann leva la tête, l'air surpris.

- Un mur vous dites ? D'après vous la vallée du Ringèm aurait été entourée d'une enceinte ?
- Oui.
- Je n'en ai jamais entendu parler
- Personne n'en a jamais entendu parler. C'était il y a vraiment très très longtemps. Excusez-moi.

Avant qu'il ne pose une autre question, Fanaa s'était précipitée à sa place, à côté de Kyara.

- Tu sais ce que tu vas raconter, toi ?
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Kyara

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Lun 15 Juil 2013 - 17:58

Kyara avait écouté tout le monde, des histoires tristes au final... Elle se grattait la tête en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir raconter quand Fanaa lui posa la question :

- Non, je n'en ai pas la moindre idée, dit elle d'une voix désolée, mais je devrais bien finir par trouver !

*Suis je une troubadour ou pas ??!!* se dit elle pour s'encourager
*Tu es un marionnettiste aussi* se fit entendre "l'autre"

Kyara fit une micro grimace

*Il est vrai... Mais je n'ai pas forcément envie de parler de se genre de chose !*

Elle sentit sa "compagne" hausser les épaules et Kyara leva les yeux au plafond
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Mellyna

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 17 Juil 2013 - 12:04

-Ardann, ces histoires, c'est pour les humains uniquement ou le poussin doit participer ?

Ce dernier sentit ses écailles se hérisser le long de sa colonne vertébrale.
*Je ferai ce que je voudrais !*, cracha-t-il nerveux.

-Je suis juste curieuse, pas la peine de te vexer. Bougonna-t-elle tout haut.

*Si tu veux savoir quelque chose il te suffit de me le demander, pas la peine d'en faire profiter les humains.*
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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 17 Juil 2013 - 12:41

- Si les humains qui passent ici doivent y laisser un récit s'ils veulent continuer leur route, les autres créatures n'ont pas cette obligation. Mais si elles le souhaitent, elles peuvent tout à fait nous offrir gracieusement une histoire.

L'homme jeta un coup d'oeil à Yamana puis son regard gris revint se poser sur Mellyna.

- Une créature peut aussi choisir de raconter une histoire à la place d'un humain qui ... manquerait d'inspiration, disons.

Il s'adossa plus confortablement à son fauteuil et déclara :

- Vous êtes 9 humains, un dragonnet et un oiseau. Pour pouvoir repartir d'ici, il faut me donner 9 histoires, sachant que chaque être vivant ici a le droit de n'en conter qu'une seule.

Il eut un éclat malicieux dans les yeux en ajoutant :

- Comme me l'a fait remarquer mademoiselle Ringèm, je ne peux évidemment pas participer.
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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Dim 21 Juil 2013 - 13:28

- Bon c'est à mon tour je crois !

Kyara prit une profonde inspiration et se lança :

« J'étais poursuivie par d'autres enfants des rues, je me cachais dans la cour de mon futur Maître, quand j'entendis son « appel », enfin plutôt je ressentis l'appel... Il fallait absolument que j'entre dans la villa, que je trouve d'où venait ce « son ». Je ne saurais pas expliquer exactement ce que c'était, mais dés que je vis le violon d'ébène au dessus de la cheminée, je sus qu'il me le fallait, qu'il... qu'il était pour moi... comme s'il m'attendait...
Je ne voyais que l'instrument, j'avais oublié où j'étais et puis... une note de musique me fit sortir de ma rêverie. J'ai alors tourné la tête pour voir un homme, très bien habillé, aux longs cheveux blonds et aux magnifiques yeux verts. Les autres enfants de la rue disaient qu'un monstre vivait dans cette maison, alors je me suis enfuie !

Mais je n'arrivais pas à oublier le violon. Alors j'ai décidé d'y revenir quelques jours plus tard. Le violon m'appelait toujours... mais je fuyais dés que le Maitre apparaissait... Ce manège dura quelques temps, jusqu'au jour où le violon ne fut plus à sa place, mais j'entendais toujours son « chant »...
Je finis par trouver l'instrument posé sur le piano noir. Je me suis avancée pour le toucher, le prendre, le tester peut être ? Je n'en eus pas le temps, une main fine et ferme enserra mon poignet et je plongeais, me noyais même, à nouveau dans ces yeux verts, où l'ombre était tapie. Malgré son physique hors du commun, le jeune homme était bien un shalos !
Quelques secondes s'écoulèrent, qui me parurent une éternité, avant qu'il ne parle d'une voix douce et si sensuelle à la fois, mais si masculine


- Je t'ai enfin attrapée ! S'exclama-t-il. Pourquoi se violon t'intéresse-t-il autant ?
- … Il m'appelle...

Je le vis lever un sourcil étonné et il me lâcha le poignet de surprise, je présume. Pourtant cette fois-ci, je ne cherchai pas à fuir, je redressai les épaules, prête à l'affronter s'il le fallait ! Je posai la main sur le violon dans un signe de provocation, je vis une ombre de colère passer dans ses yeux puis d'amusement. Jouait-il avec moi?
Une sensation étrange me parcourut, je ne pourrais pas le décrire avec précision, je savais juste que je ne pourrais plus être séparée de cet instrument, qu'il... m'appartenait à moi et à personne d'autre ! Personne d'autre que moi ne poserait les doigts sur ses cordes !!!
Le Maitre m'observait attentivement, peut être qu'il ne savait pas comment réagir, les gens préféraient le fuir, son apparence le faisant passer pour un étranger, une erreur de la nature parmi les shalos »


Kyara ne vit pas les traits de Shadow se crisper, ce n'était pas une erreur, il était juste le portrait craché de son aïeule...

« C'est aussi à cause de notre peuple qu'il était solitaire, il est incroyablement beau, une beauté exotique au premier regard... » On pouvait entendre dans sa voix toute la tendresse qu'elle portait pour son maitre « Mais je m'égare ! »

Kyara se passa une main dans les cheveux, un geste machinal pour se rassurer peut être.


« C'est ainsi que commença mon apprentissage de violoniste, j'appris à utiliser Shadow , c'est ainsi que j'avais nommé le violon »

Elle sourit au shalos.

« Le Maitre dut sentir quelque chose en moi, car il m'apprit les bases mais m'obligea aussi à sortir de Shalanos pour voir d'autres maitres ménestrel. Quand je revins quelques mois plus tard, il m'apprit une autre facette de la profession... Celle de marionnettiste ! Nous sommes très peu à utiliser l'art de la manipulation et les rumeurs que j'ai pu entendre sur Senril et moi, c'est que nous formons un duo incomparable, les autres marionnettistes préfèrent fuir, même quand je suis toute seule ! Mais c’est peut être aussi à cause de la fois où j'ai dû me battre contre un autre manipulateur d'esprit, il en est ressorti fou !
Je vais m'arrêter ici ! »

Kyara se tut, elle avait préféré éviter de raconter les détails de sa confrontation, elle ne savait toujours pas exactement comment elle avait réussi à se sortir de ce traquenard presque indemne, quand elle était rentrée chez le Maitre se jour là, elle avait dormi pendant 2 jours entiers et le Maitre lui avait dit qu'elle avait fait beaucoup de cauchemars !

« Bon au suivant !! »
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Liet

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mar 23 Juil 2013 - 15:38

Liet était resté très calme en écoutant ses amis raconter leur histoire. Il faut dire qu’il avait un bon millier d’histoires à raconter et devait prendre le temps de faire son choix. Lorsque Kyara acheva la sienne, il décida de se lancer. Prendre la parole en public n’étant pas vraiment une gêne pour lui et il était pressé de présenter son récit.

- J’ai hésité longuement sur le contenu de cette histoire, comme beaucoup d’entre nous j’ai pas mal voyagé mais sans vraiment prendre le temps de m’arrêter pour conter ce que j’avais vu. Je vais néanmoins vous raconter une histoire qui me tient à cœur.

Il prit une légère inspiration, vérifia que tout le monde l’écoutait et commença :


L’histoire débute dans une petite ville frontalière classique dont le nom n’a aujourd’hui plus vraiment d’importance, une de celles se situant à la frontière de Dédride et qui joue le rôle d’interface avec le reste du monde. Une ville cosmopolite où des marchand des quatre coins du monde viennent échanger leurs produits avec les quelques Dédranes qui ont choisi une vie différentes de leurs frères de race en acceptant de côtoyer au quotidien des étrangers.

C’est dans cet environnement si unique qu’a grandi un jeune Dédrane, parfait représentant de cet univers multiculturel. Enfant intelligent et surtout particulièrement vif, il considérait la ville comme son territoire et passait ses journées dans ses rues animées, allant à la rencontre de tous les voyageurs de passage pour qu’au travers de leurs récits il puisse voyager à sa manière. C’est dans une totale innocence que l’enfant passa les 15 premières années de sa vie.

Mais toute chose a une fin.


Il le rencontra pour la première fois au petit matin. Il trônait debout, au centre de la pièce principale, très droit observant les représentations de lui que sa mère avait gardées précieusement dans la vitrine toutes ces années. Encore embrumé par le parfum de la demoiselle qu’il venait de quitter, ou plus probablement par l’alcool qu’il n’avait pas fini de cuver, sa première pensée fut de n’avoir pas encore pensé à retirer toutes ces photos depuis le décès de sa mère en début d’année. Ce n’est que dans la foulée qu’il se formalisa de la présence de cet inconnu chez lui.

Il toussota, attendant que son invité daigne s’expliquer sur sa présence. Ce dernier en retour lui répondit d’une manière qui, il allait le découvrir assez vite, était le plus grand effort diplomatique dont était capable cet homme.

-Je suis ton père. Je n’ai appris que récemment le décès de ta mère, aussi de par nos traditions je me dois aujourd’hui de t’accueillir et de t’éduquer. Nous partons ce soir.

Ces paroles eurent moins d’impact que le ton extraordinairement neutre sur lequel elles avaient été prononcées. Un ton de professeur de grammaire, qui reflétait dès la première syllabe l’immense ennui de son auteur à réciter ce texte par cœur rapidement avant de passer à autre chose.

Le jeune homme n’avait pas vraiment douté des paroles de l’étranger ; il savait depuis des années qu’il était enfant que son père pouvait réapparaitre un beau matin pour faire valoir ses droits, sa mère ne lui avait jamais menti à ce sujet. Elle le disait assez riche et assez puissant pour ça. Aussi sa première réaction fut la fuite. Cette ville était sa ville, il savait comment disparaitre sans difficulté, comment sortir de la cité pour se joindre à une des caravanes de marchands et vivre enfin la vie dont il rêvait.  Il fut rattrapé en moins de deux heures et jeté sur le dos d’un cheval attelé au convoi de son père. Ils restèrent encore quelques heures le temps de remercier le bourgmestre et tous les habitants qui avaient stoppé net leurs occupations afin se mettre à la recherche de son pauvre fils. Il était effectivement assez riche et assez puissant…

Les bases furent posées dès l’arrivée devant ce qui devait devenir sa nouvelle demeure. Une grande résidence avec serviteurs au milieu de la forêt, proche des plus grandes instances politiques et militaires de Dédride. Il réalisa plus tard que son père se trouvait être un des conseillers du roi, ce qui semblait signifier beaucoup d’avantages mais aussi une responsabilité immense surtout vis-à-vis de l’image que l’on renvoyait. Et c’est là que quelque chose clochait, il avait beau retourner les derniers événements dans tous les sens, il se rendait bien compte qu’il faisait tâche au milieu de cette toile, et il ne semblait pas le seul à arriver à cette conclusion. Aussi bien son père que son entourage semblaient le considérer avec une distance non négligeable, voire même avec dédain. Seule sa belle-mère semblait différente, elle s’inquiétait du bouleversement que semblait vivre le jeune homme et se mit dans la tête d’intégrer le nouveau venu le plus rapidement possible en lui donnant des cours de savoir-vivre et en forçant la main à son père pour qu’il soit ouvertement et officiellement présenté comme membre de la famille.

Dès lors, sa vie prit une tournure bien différente. Les échanges à la taverne avec les marchands de passage étaient devenus des diners protocolaires, les courses poursuites dans les rues avec les autres enfants étaient devenues les séances d’entrainement au combat et à la survie en milieu hostile, et les  sessions de partage et d’échange des cultures avec les femmes de passage furent supprimées du programme…  Il fit de son mieux pour devenir ce qu’ils appelaient « un vrai Dédrane », apprit à chasser, à pister, à s’orienter et à se battre. Il utilisait ses talents oratoires acquis auprès des marchands pour impressionner leurs invités, mais rien n’y faisait il n’était jamais véritablement accepté comme si une barrière invisible le séparait de ces gens qui continuaient de parler à voix basse dès qu’il s’éloignait.

De plus, chacune de ses tentatives semblait irriter un peu plus son père qui semblait à chaque instant regretter un peu plus sa décision de l’avoir recueilli. Il faut dire que la concurrence au poste d’enfant prodige était déjà occupée par ce qui semblait être un hybride de naine et de démon buveur de sang. Une bestiole de 1 mètre 50 à la beauté aussi glaciale que son tempérament et qui semblait passer chaque instant de sa vie à tenter de ressemble à son père au grand désespoir de sa mère. Cette dernière avait bien tenté d’effectuer un rapprochement frère-sœur, espérant qu’ils parviendraient à déteindre un peu l’un sur l’autre mais elle avait fini par abandonner l’idée, lasse de devoir faire appel aux serviteurs pour empêcher sa furie d’étrangler le jeune homme. Curieusement la voir intégrer la garde des Selnaïs n’étonna personne, elle avait ça dans le sang…


Le temps s’écoula lentement. Résigné à sa nouvelle situation il fit de son mieux pour s’y adapter, en mettant ses rêves de côté. Mais cette situation ne dura pas.

Le jour de son initiation était arrivé, et comme tout Dédrane entrant dans l’âge adulte il dut effectuer un rite au plus profond de la forêt, pour prouver qu’il savait vivre en communion avec la nature et si la forêt l’acceptait, elle ferait fleurir l’arbre des élus, prouvant ainsi qu’il était un véritable homme Dédrane. Et, comme tout le monde le chuchotait, il échoua. Il eut beau hurler à qui voulait l’entendre qu’on l’avait envoyé vers un véritable cimetière, que plus rien ne semblait pousser et qu’il n’y avait plus rien, personne ne voulut l’entendre et encore moins aller vérifier ses dires, le lieu d’initiation étant sacré et seuls les candidats pouvant y pénétrer.

Ce fut la goutte d’eau. Il comprit que jamais il ne serait accepté. Qu’il retente le rite ou pas, il serait à jamais l’étranger à leur culture qui recouvrait de honte la maison de son père. Il attrapa quelques affaires, les mêmes que celles avec lesquelles il était venu, salua sa belle-mère qui eut l’intelligence de ne pas tenter de le retenir et quitta cette maison pour enfin commencer à vivre ses rêves.




IL prit un air volontairement grandiloquent en terminant son récit, il remercia l’assistance par une discrète révérence et se rassit en évitant volontairement le regard de Yueh qui fulminait dans son coin.
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Yamana

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Mer 24 Juil 2013 - 14:57

Le regard d'Ardann intrigua Yamana qui fronça les sourcils quelques secondes avant de reprendre son visage impassible. Elle n'avait pas montré d'émotions face aux différentes histoires contées. Lorsque Liet termina la sienne, elle se leva et prit la place d'orateur.

- Je dois vous avouer que je n'ai pas eu une enfance bercée d'histoires ou de contes. Et il est assez difficile pour moi de vous en raconter une donc... Je vais tenter de vous en présenter une que j'ai entendue dans une taverne lors d'un de mes rares voyages au dehors de la Forêt. Je n'ai guère envie de jouer la carte de la biographie.

Nous sommes a l'orée d'une forêt. Un groupe de chasseur qui passaient habituellement par la furent étonner de voir la Vielle Cabane du Trappeur, comme ils surnommaient ce lieu, pratiquement réparée. Ils arrêtèrent leurs chevaux pour constater qu'un homme étranger préparait le chaume qu'il destinait au toit.

L'homme ne dit rien alors que les chasseurs tentaient de calmer leurs chevaux devenus extrêmement nerveux.  Le groupe saluèrent le nouveau venu avec curiosité et méfiance avant de repartir.

Les saisons passèrent. L'Homme de l'Orée s'avérait être un chasseur hors pair, un trappeur comme celui qui habitait dans cette même dirent même les Anciens qui tenaient leurs dires de leurs anciens. Il était aussi garant d'une connaissance des plantes médicinales et sauva plusieurs habitants dont la dernière née de la famille d'un des chasseurs.

Alors qu'il était très respecté, il était pourtant craint. Au bout de quelques automnes, une rumeur se mit a courir dans le village. Le Trappeur des Bois serait un mage... un sorcier qui commanderait à la Forêt et aux Arbres.

L'hiver vint. Un hiver rude et blanc. Froid et effrayant. Certains chasseurs ont trouvé des traces d'une meute de bêtes. Un des bergers a vu son troupeau décimé en une nuit. Alors qu'ils s'en allèrent demander de l'aide au Trappeur, celui-ci refusa net.

Vexés, les chasseurs menacèrent l'Homme qui ne leur répondit qu'en fermant doucement sa porte.

Une autre nuit où le blizzard soufflait dans les arbres emportant les hurlements des bêtes. Les chasseurs avaient regroupé les familles dans le bâtiment principal du village où tout le monde pouvait se tenir chaud.

La petite fille sauvée quelques années plus tôt demanda où était le Trappeur. Après une certaine réticence, deux chasseurs décidèrent de l'inviter avec le village. Ils allèrent a travers bois pour le trouver.

Alors qu'ils s'approchaient de la cabane, le temps se calma. Les nuages laissèrent une trouée et filtrait la lumière d'argent et de rouge de deux des lunes plus ou moins pleines. Les flocons tombaient en paillette sur la construction.

Ils n'étaient pas encore arrivés sur le chemin menant à la porte que celle-ci s'ouvrit. L'un des chasseurs retint son collègue et lui intima de se tapir dans la neige froide. Ils virent alors une silhouette qui semblait être un mélange d'Ours et de Loup. Noir comme les ténèbres. La bête sorti en fermant la porte. Ses yeux brillèrent d'argent avec la lueur des lunes. Il huma l'air avant de partir au galop vers la forêt.

La bête revint de sa chasse avec un cervidé dans la gueule plusieurs heures plus tard. Alors qu'il s'approchait de la cabane, il senti une odeur de fumée. Une lueur orangée lui fit se dresser les poils de son dos. Dans un grondement, il se précipita dans ce qui fut sa maison.

L'ensemble des villageois étaient la, brandissant des fourches et autres piques alors que les chasseurs avaient leurs arcs, haches ou couteaux. Une flèche atterri entre les pattes de la bête. Alors qu'elle allait charger de toute sa rage, la construction de bois confondra.

Après un hurlement qui glaça le sang des villageois, la bête fit demi tour dans les ténèbres de la forêts.

On ne revit jamais le Trappeur.

Les saisons passèrent de nouveau et on oublia peu a peu cette nuit l'hiver.

L'été était la maintenant et la fille du chasseur tomba malade. Alors qu'elle se mourrait, elle demanda a ce qu'on l’emmène voir le Trappeur. Pour elle, l'homme était toujours la, veillant. Elle avait mainte fois vu ou imaginer voir une ombre dans les ombres.  Ne croyant pas son père quant à sa disparition, il fut décider de l'amener sur les lieux de la Cabanes.

Il ne restait presque plus rien. La fille du chasseur en eu les larmes aux yeux. L'histoire était donc vraie ... et elle allait mourir?

Elle se dégagea de l'emprise de son père et s'approcha des décombres. Elle s'écroula a cause d'une quinte de toux sur un petit meuble, crachant du sangsur ce qui fut un landau. Impossible de savoir s'il était occupé pendant l’incendie.

La fille posa la main sur le coté, pleurant a chaudes larmes. Ses doigts se fermèrent sur une petite boite. Celle-ci n'était pas touchée par la cendre et ne portait aucune trace de l'incendie. A l'intérieur, des herbes sèches qui avaient la même odeur que le remède dont elle se souvenait d'avoir eu.

Avec espoir, elle se retourna, tentant de voir si le Trappeur était la. Mais personne dans les ombres. Son père lui demanda de rentrer. Le seul argument qu'il put donner à sa fille était la préparation du remède dont il n'était pas sur de vouloir lui administrer. Cependant, sous la pression de sa femme, la jeune fille pu prendre la décoction et être sauvée.

Depuis, chaque année, la fille du chasseur se rendit à la Cabane. Elle espérait pouvoir revoir le Trappeur.

Elle fut toujours déçue...

Sauf le jour où elle fut étonnée. Une femme étrangère était la, a regarder dans les décombres. Celle-ci se retourna vers la fille du chasseur et lui lança un regard qui ressemblait a celui du trapeur, une lueur de haine en plus.

Mais ceci est une autre histoire.


Je m'arrêterais donc la. Je m'excuse pour mes pauvres compétences pour conter les histoires.
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Liet

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MessageSujet: Re: Les Plaines Tranquilles   Lun 12 Aoû 2013 - 17:40

Du fond de la pièce résonna la voix de celle qui était restée tellement silencieuse jusque là qu'on eut presque pu l'oublier. Presque.

« J’ai également grandi à Dédride et j’ai moi aussi entendu parler de cette légende, mais assez étrangement, il semble que le temps passant l’ait légèrement altérée et la version de mon frère n’est, certes pas erronée, mais se trouve amputée de certains éléments permettant une parfaite compréhension de la morale par les auditeurs. Aussi vais-je me permettre de la corriger.

L’histoire débute également dans une petite ville frontalière classique sans véritable nom, et il s’agissait bien d’une de ces villes frontières de Dédride. Comme dans la plupart de ces villes, on y croisait la lie de la société, un ramassis d’escroc de voleurs et de repris de justice venant échanger le produit de leurs rapines avec les basses castes de la société Dédrane, celles qui avaient pris le parti d’échanger une vie traditionnelle contre une vie oisive de luxure et d’argent.

C’est dans cet environnement si « unique » qu’a grandi un jeune Dédrane, parfait représentant de cet univers multiculturel. Enfant fourbe et surtout particulièrement vicieux, il considérait la ville comme son territoire et passait ses journées dans ses rues animées, guidant les voyageurs de passage pour les emmener forcément vers les meilleures affaires mais qui finissait souvent inconscient dans les ruelles sombres. C’est dans cette fange que l’enfant passa les 15 premières années de sa vie.

Mais heureusement toute chose a une fin.

Un matin, un des plus proches conseillers du roi reçut une lettre qui bouleversa sa vie à jamais. Cette lettre écrite de la main d’une femme à qui il n’avait plus pensé depuis de nombreuses années lui annonçait qu’il avait un fils de 15 ans, et que bientôt celui-ci se retrouverait livré à lui-même. Il eut beaucoup de mal à accepter cet état de fait, commença même à croire qu’il s’agissait de la manœuvre de l’un de ses ennemis pour affaiblir sa position en jetant la honte sur sa famille ; en effet, abandonner l’enfant d’une première union n’était pas exactement l’image qu’il souhaitait présenter au roi et à son entourage.. Il se résolut quand même à mener son enquête et envoya des hommes découvrir qui était ce prétendu fils. Ce qu’on lui rapporta sur les mœurs de sa progéniture lui glaça le sang, lui, un homme si important se retrouvait le père d’un paria, d’un petit escroc sans envergure qui semblait destiné à une longue carrière dans la débauche…
Mais c’eut été mal le connaitre que de croire qu’il allait reculer devant l’immensité des problèmes qui se présentaient à lui. Il prit congé des siens et partit à la recherche de cette partie de lui dont il ignorait jusqu’alors l’existence.

En arrivant, il était entré dans une maison vide, et visiblement trop tard ; la mère de son enfant semblait avoir déjà disparu sans qu’il ait l’occasion de la revoir. Plus de trace non plus du gamin. Il commençait à croire que, livré à lui-même le jeune garçon s’était fait happer par cette ville, mais un relent d’alcool fort et de mauvais parfum le prit alors à la gorge. Il découvrit, horrifié, ce qui ressemblait à un clochard tenter d’ouvrir la porte, visiblement à moitié soûl. Ce n’est que lorsqu’il reconnut son visage sur les représentations dans les vitrines qu’il réalisa véritablement l’ampleur du travail qui s’annonçait. Conscient que lui expliquer toute l’histoire dans son état serait réalisé en pure perte il décida de l’emmener sur-le-champ loin de ce bouge dans lequel il avait grandi.

Visiblement particulièrement entrainé à la consommation d’alcool, le jeune homme gardait des réflexes étonnants et s’était enfui à une vitesse impressionnante. Fort heureusement, il n’était plus véritablement en état pour ce genre d’exercice, et son père le retrouva deux rues plus loin sous la bâche d’un chariot après que des ronflements tonitruant aient attiré là la moitié du quartier.

Après une grande préparation psychologique et après avoir passé la moitié du voyage à lui apprendre à manger proprement - ce qui, je vous l’assure ne fut pas une franche réussite- il accueillit le nouveau-venu dans sa demeure familiale : une grande résidence avec serviteurs au milieu de la forêt, proche des plus grandes instances politiques et militaires de Dédride. A partir de cet instant-là, toute sa nouvelle famille tenta désespérément de l’intégrer autant que possible, ce qui n’était pas une chose facile devant la sauvagerie qu’il était capable de déployer .Seule sa belle-mère semblait avoir un minimum d’influence sur lui, le comparant à une sorte de diamant brut particulièrement dur à tailler. C’est pourquoi la tâche immense de le rendre présentable lui incomba.

Son travail finit pas porter ses fruits et petit à petit, le jeune sauvageon commença à ressembler à quelque chose, mais il semblait éprouver un malin plaisir à rappeler à chaque instant à son père qu’il l’avait abandonné dans un autre monde que le sien. A chaque réception ou chaque dîner il finissait soûl en tentant d’apprendre à une noble particulièrement âgée une chanson paillarde ou en vomissant sur le conseiller financier. Son entrainement militaire était un désastre, il courait vite et visait très bien, mais semblait totalement incapable de s’orienter des lors qu’un arbre apparaissait dans son champ de vision. Enfin il fallait lui donner la chasse presque tous les soirs pour l’empêcher d’investir les lits des frêles demoiselles du voisinage. Bien évidemment, les gens autour de sa famille ne manquèrent pas de rire de leur triste situation.

Le jour où il manqua de se retrouver père beaucoup plus tôt qu’il ne l’aurait désiré fit prendre conscience du personnage qu’était véritablement son garçon. Il prit la décision d’avertir sa fille des dangers que représentait ce prédateur dormant entre leurs murs et de la manière dont elle ne devait pas hésiter à recourir pour lui faire reprendre raison. C’est ainsi que sa jeune et fraiche demi-sœur entreprit de lui apprendre le respect et l’humilité qui lui manquaient encore grandement, par la manière forte et bien entendu sans y prendre aucun plaisir. Le résultat finit par devenir acceptable et le jeune garçon qui semblait avoir trouvé son maitre commença à retenir quelques leçons.

Après quelques années, il fut jugé prêt pour passer son initiation et rapporter enfin la branche fleurie, signe de son acceptation par la forêt. Cet instant était attendu par tous, comme si eux même avait à le passer une nouvelle fois après tous les efforts qu’ils avaient fournis pour préparer le jeune garçon. Même sa sœur montrait des signes de tension ce qui pour une selnaïs était particulièrement rare. Son échec n’en eut que plus d’impact sur elle

Elle fut, chose qui la surprit, particulièrement triste pour lui mais elle ne crut pas vraiment à son histoire de bois maudit ou rien ne poussait plus. Pour elle c’était son échec à elle et non celui de ce pauvre Dédrane déraciné sur les épaules de qui on avait posé un trop lourd fardeau. Elle décida que son rôle n’était pas terminé, et lorsqu’il choisit de partir, comprenant que jamais elle n’aurait l’occasion de rattraper ce qu’elle considérait être comme sa faute, elle le précéda au départ de la caravane qui partait vers l’ouest. Lorsqu’il la reconnut, elle fut certaine que derrière son regard de dépit renaissait pointe d’espoir.
»
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