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 Nuit écarlate

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Fanaa
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MessageSujet: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 14:42

Nuit écarlate



Cette histoire n’est ni pour les enfants, ni pour les âmes sensibles. Si vous vous reconnaissez dans une de ces catégories, veuillez passer votre chemin. Cette histoire est tout ce qu’il y a de plus réel. Je ne change ni n’enjolive ou n’enlaidis quoi que ce soit. Je tiens juste à rapporter la vérité sur ce qui s’est passé.


Chapitre 1 ~ Ténèbres

Au centre d’une crypte à peine éclairée par quelques torches, et dont les murs suintaient d’humidité et de vermine grouillante, se dressait un autel taillé dans de la pierre poreuse dont la couleur sombre avait quelque chose de malsain. Sur l’autel se trouvait une femme en train de mettre bas et autour de laquelle psalmodiaient 13 silhouettes encapuchonnées. Un nom ressortait souvent de leur litanie : Valnor.

La femme ahanait en pleurant. Une peur atroce la paralysait et la douleur déchirait ses entrailles : le bébé venait. Elle avait conscience de ce qui se passait autour d’elle et ne voulait pas finir ici, pas comme ça. Les réflexes naturels prirent le pas sur la panique qui s’emparait d’elle et la femme se mit à pousser. Tandis qu’elle haletait de plus en plus fort et que son col s’ouvrait, les voix des silhouettes prenaient de l’ampleur et leur débit s’accélérait. Les yeux révulsés, la femme s’arc-bouta et poussa un long hurlement qui résonna à travers le lieu, puis elle retomba en arrière, vidée de ses forces et l’on entendit bientôt le vagissement d’un nouveau-né.
L’une des silhouettes se saisit du bébé et sa mère tendit les bras vers lui. Le nouveau né fut déposé à plat dos sur la poitrine de celle qui lui avait donné le jour. Malgré l’horreur de la situation, cette dernière ne put empêcher un faible sourire de se dessiner sur ses lèvres : son enfant était en parfaite santé.

C’est alors que l’un des adeptes leva bien haut son épée pour en transpercer le cœur du bébé ainsi que celui de la mère, les empalant tous deux, ensemble sur la même lame.
Et ce fut le silence complet. En tendant bien l’oreille on pouvait peut être entendre l’écoulement du sang sur les dalles du sol. Mais seulement avec une ouïe bien exercée.

*****************

Iskandar s’en repartait avec une pleine cassette de zoris. Si seulement il pouvait chaque fois gagner autant ! Mais, si les femmes en fin de grossesse valaient leur pesant d’or, il était en revanche fort difficile de s’en procurer. L’homme ne s’en plaignait pas, il arrivait à faire d’intéressants bénéfices. La vente d’esclaves était un commerce très lucratif. Bien sûr il fallait bien choisir ses clients. Mais Iskandar en avait déjà quelques uns.

Il y avait d’abord ceux de ce soir : une bande de puissants seigneurs de différents peuples qui se réunissaient afin de louer Valnor. Iskandar exécrait ces couards qui se cachaient afin de dédier de ténébreuses messes au plus grand Ennemi d’Adreis. Valnor était la lie de ce monde. Qu’il accepte ou non les vénérations dont il était l’objet, il tuerait tous les adreniens jusqu’au dernier, ses fervents partisans y compris. Avec Valnor s’il n’y avait qu’une chose juste, c’était bien le pied d’égalité sur lequel il les avait tous placés face à la mort.

Son autre client le plus fidèle était un archiprêtre Ilymis répondant au nom stupide et pompeux de Cyrumen del Arkonius. Cet homme dévoué à Dieu avait de terribles vices cachés : il aimait plus qu’il ne le fallait passer du temps en compagnie de jeunes enfants (ce qui était facile à trouver). Iskandar ne savait pas exactement ce qu’il en faisait, même s’il en avait une vague idée mais cela ne lui importait guère. Son but était d’amasser de l’or, beaucoup d’or. Tant que ses clients le payaient comptant, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient de leurs acquisitions.

Le dernier caprice d’Arkonius pouvait lui rapporter gros. En espérant qu’il ait ce qu’il désirait. L’archiprêtre n’avait pas été précis dans sa demande. Il exigeait un « ange de pureté ». C’était tout ce qu’il avait dit. Mais il lui avait promis une somme énorme s’il réussissait à le lui procurer.

En arrivant devant chez lui, Iskandar reconnut le carrosse qui attendait là. C’était celui de son deuxième meilleur client, justement. Bien. Cela annonçait des affaires et la reconnaissance – il l’espérait - de son génie.
Arkonius descendit de son carrosse. Les deux hommes se saluèrent poliment mais assez froidement. Il régnait entre eux une antipathie certaine et chacun n’avait de contact avec l’autre que par intérêt.

Iskandar ouvrit la porte et entra suivi d’Arkonius et de deux porteurs. Ceux-ci posèrent au sol un grand coffre dont l’archiprêtre souleva le couvercle, dévoilant une impressionnante quantité de zoris.
Après avoir laissé Iskandar se faire une idée du magot ainsi amassé, l’Ilymis referma le coffre et interrogea :

- Et maintenant, où se trouve-t-il ?
- Mais par ici Monseigneur. Si vous voulez bien me suivre…

Longeant un couloir, il s’arrêta devant une porte, prit une inspiration et la poussa.


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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 14:43

Chapitre 2 ~ La marionnette


pic by Skioppy



La porte s’ouvrit sur une pièce tendue de voiles rouges au centre de laquelle se trouvait une couche. Sans tête ni pied de lit, celle-ci ressemblait à un autel couvert de velours carmin sur lequel se trouvait la chose promise. La tête tombant sur la poitrine et de longs cheveux sombres cachant son visage, l’être n’était maintenu dans sa position agenouillée que par des fils rouges à ses poignets. Des fils tombant du plafond. Elle ressemblait à une marionnette cassée.

Les deux hommes s’approchèrent. Iskandar la désigna de la main.

- Le voici votre ange de pureté. Admirez ! N’est-elle pas magnifique ?
L’archiprêtre observait les jolies courbes et la peau d’albâtre d’un œil critique. Il ne semblait guère emballé. Ce n’est pas ainsi qu’il imaginait son ange, qu’il le souhaitait. Il faut dire que ses goûts personnels portaient sur les plus jeunes, garçons et filles confondus. Eux si tendres, si doux, qui ne connaissaient rien avant de le rencontrer lui. Détruire ces petits êtres lui procurait chaque fois un très agréable plaisir. Avec chacun d’eux il ne s’amusait qu’une unique fois, mais il vivait ce moment intensément, profitant de tout : ses sensations, leurs réactions… Et une fois qu’il les avait déchirés, il s’en débarrassait et passait à d’autres jouets. C’était aussi simple que cela. Des jouets que lui fournissait ce fou d’Iskandar. Il pouvait toujours compter sur le mage pour lui trouver quelques proies amusantes et pleines de vie. Au début.
Revenant à la marionnette, Arkonius eut un reniflement de dédain. Celle-ci était un tout petit peu trop vieille pour lui. Elle présentait déjà des formes de femme. De femme jeune certes. Mais tout de même, Arkonius restait sceptique.

Iskandar le remarqua. Il lui fallait raviver son intérêt ou il perdrait son or. L’artiste fit le tour du lit et invita l’autre à le rejoindre derrière la marionnette.

- Venez çà Monseigneur. Regardez.
L’archiprêtre put admirer sur le dos de la fille une magnifique paire d’ailes délicatement ouvragées et dont le souci du détail rendait l’ensemble vraiment réaliste. Les fins traits rouges du dessin faisaient un contraste du plus bel effet sur la peau blanche. *Un ange* Arkonius ne put s’empêcher de penser que si elle avait été attachée, c’était pour l’empêcher de prendre la fuite par les airs. Soufflé, il ne put dire un mot durant quelques instants, les yeux fixés sur l’œuvre vivante devant lui.

Iskandar observait les réactions de l’archiprêtre avec contentement. Il pouvait voir que dans ses yeux la lueur d’intérêt était ravivée. Il serait riche !

Arkonius tendit une main pour caresser la peau incroyablement douce, puis pressa plus fort une poignée de plumes. Du sang perla. La marionnette tressaillit mais n’émit aucun son.


- Attention malheureux ! s’écria Iskandar.Le dessin est encore frais, la peau fragile. Il ne vaut mieux pas la toucher. Pas encore.

Mais Arkonius ne l’écoutait pas. Il fixait les gouttes de sang sur sa main et ressentait un certain tiraillement sous sa toge. L’archiprêtre attrapa l’ange par les épaules, rapprocha sa grosse tête de son dos délicat et se mit à lécher les plumes ensanglantées.
Iskandar en frémit de dégoût. Un tel travail, un tel chef d’œuvre pour finir sous la coupe d’un pervers illuminé. Quel gâchis ! Mais, quoique bouillonnant de rage, il se retint de tout commentaire en songeant au coffre de zoris qui l’attendait.

Arkonius se retourna vers le mage et lui demanda d’un ton sec :

- La créature est elle vierge ?
A ces mots Iskandar se gonfla de fierté, laissa passer quelques instants pour attiser la curiosité de son vis-à-vis et parla enfin de sa touche finale.
- Mieux que cela Monseigneur. J’ai fait d’elle une vierge éternelle.
- Plaît il ?
- Je l’ai transformée de façon à ce qu’elle se referme à chaque fois. Ainsi elle restera neuve éternellement. Voyez vous j’ai corrompu un sort de vie de manière à ce qu’il…
- Je n’ai pas besoin de vos explications. L’affaire est conclue.

Les deux hommes se serrèrent la main pour sceller l’accord. Malgré une certaine réticence des deux parties.

Pensif, l’archiprêtre regarda à nouveau l’ange inerte. Elle respirait si doucement qu’une personne non avertie aurait facilement pu la croire sans vie.


- Elle est quand même un peu trop amorphe à mon goût.
- Je lui ai donné un fort calmant pour qu’elle ne souffre pas trop durant la cicatrisation.
- Réveillez-la !
- Je ne peux pas. Il vous faut attendre que l’effet s’estompe. Et de toute façon pour ce a quoi vous la destinez, ce n’est pas la peine qu’elle gigote.
- Mêlez vous de vos affaires ! J’ai payé. Maintenant trouvez une solution. Je hais ce qui ne résiste pas. Vous avez bien une drogue, quelque chose ?!
- En effet. Mais l’utilisation de telles substances réduirait encore son espérance de vie. Que j’ai déjà raccourcie avec mes manipulations. Vous savez, les transformations internes que j’ai dû opérer ont quelque peu…
- Qu’importe ! La viande froide ne me procure aucun plaisir. Obéis si tu veux ton or !

Iskandar bouillait intérieurement. Comment pouvait on vouloir abîmer, détruire un tel chef d’œuvre ? Et ce sans une once d’hésitation, de regret ? Une telle attitude le dépassait complètement. Mais il avait échangé la poignée de main, scellé l’accord. Il capitula. Serrant les poings, il siffla :
- Bien Monseigneur. Je vais la préparer.
- A la bonne heure ! Je l’attends à mon carrosse. Voilà pour vous.
L’archiprêtre laissa négligemment tomber une bourse pleine de zoris aux pieds du mage et se détourna. C’était une insulte. Avec ce geste il lui signifiait clairement qu’il était bien au dessus de lui, qu’il avait le pouvoir d’en faire un puissant comme de le renvoyer dans la fosse. Le message passa.

Une fois l’Ilymis parti, Iskandar s’approcha de sa marionnette et la détacha avec des gestes doux et précis. Quand elle ne fut plus retenue par les ficelles, elle s’écroula dans les bras du mage. Celui-ci l’allongea en douceur sur le ventre et alla chercher une drogue qu’il laissa fumer à côté d’elle. Tandis qu’elle inhalait la fumée qui raccourcissait sa vie, Iskandar prit un baume cicatrisant et en passa délicatement sur le dos de sa création.
Il n’avait pas raté le regard concupiscent de l’illuminé sur sa marionnette. Iskandar fulminait. Il avait réalisé un chef d’œuvre de pureté, une perfection. Lui et nul autre. Et l’infâme Ilymis allait la souiller, l’abîmer, tout gâcher. Mais il avait les zoris maintenant. Et même un peu plus que prévu. Il ne pouvait plus revenir sur son engagement.

***********
Il se rappelait son arrivée, elle était avec une autre fille, une blonde Levitis et des tas de gamins. Iskandar détestait ces mioches braillards et morveux. Heureusement ça se revendait très bien. Notamment à Arkonius qui était un client fidèle. C’était il y a une saison déjà. Au début elle était effrayée, mais ne se laissait pas faire. Une vraie furie. Elle défendait les gosses ainsi que la fille et avait toujours des arguments pour lui tenir tête. Tour d’abord il l’avait gardée parce qu’elle l’amusait cette petite qui n’avait pas sa langue dans sa poche. Et puis elle était jolie. Iskandar, comme tout artiste qui se respecte, était un grand amateur de beauté. Et cette fille, elle était belle. Pas tant physiquement qu’intérieurement. De plus elle avait une voix divine et pure comme du cristal. La nuit, elle chantait toujours pour donner de l’espoir aux gosses. Quand elle les berçait ainsi, son regard était très doux, tandis que quand elle posait les yeux sur Iskandar, il débordait de fureur.

Mais les mioches avaient été vendus petit à petit. Elle s’était retrouvée seule avec la fille blonde et n’avait plus chanté. Iskandar avait voulu faire de la Levitis un ange pour la commande de l’archiprêtre. Mais la fille en était morte. Le changement à opérer pour donner la virginité éternelle demandait beaucoup de pouvoir et une concentration intense. La zone à travailler était si sensible, si fragile, une infime erreur et c’était la fin. Avec des souffrances horribles. Comme la Levitis. Hémorragie interne. Juste parce qu’il avait hésité une seconde.
Dépité, il s’était débarrassé du cadavre et était parti vers sa chambre.

Passant devant le cachot, il était tombé en arrêt devant le spectacle qui s’offrait à lui : le fille brune était endormie. Dans le sommeil son visage paisible semblait nimbé de sa propre lumière. C’était magique. La lune n’arrivait pas jusqu’au cachot et pourtant elle semblait la caresser d’un rayon. Quelle pureté, quelle douceur ! Le mage lui-même en avait été ému.
Il l’avait son ange. Il l’avait sous les yeux depuis le début !

Dès le lendemain, il commença le travail. Il la mena dans son atelier, l’attacha à une sorte de pilori et fit fumer des substances qui la rendraient incapables de bouger, de se révolter, d’émettre un son. Il vérifia ses instruments : couteaux à lames plus ou moins fines, aiguilles de différentes tailles, feu pour le métal. Prenant un fin couteau dont il avait chauffé la lame à blanc, Iskandar traça le premier sillon dans le dos vierge de toute marque. La ligne carmin sur la peau d’albâtre était du plus bel effet. Grâces aux drogues, la fille n’était même pas capable de trembler, de frémir. Cela la rendait totalement amorphe et sans volonté. Mais ses sensations restaient. Et si son corps était incapable de le montrer, il ressentait chaque coupure, chaque brûlure. Elle souffrait le martyre sans pouvoir ni crier ni pleurer. Elle était totalement à sa merci.

Terminer les ailes prit une saison entière. Et il intercalait avec les transformations internes. Ne voulant risquer de faire une erreur fatale, il prit grand soin cette fois de rester concentré, d’avoir des gestes sûrs. Cela lui demandait d’immenses dépenses d’énergie et il ressortait chaque fois épuisé de ces séances. Epuisé et fier de lui. Mais elle ne parlait plus maintenant. Et son regard était toujours vide. Elle avait oublié jusqu’à son prénom, si elle en avait jamais eu un. Iskandar n’en avait pas connaissance, il ne s’y était pas intéressé.
Puis il avait réussi à la terminer. Et cette nuit, on la lui enlevait : Elle, le chef d’œuvre de sa vie.
****************
La fille remuait. Iskandar prit une tenture de velours sombre, en enveloppa l’ange avec des gestes dignes d’une mère prenant soin de son nouveau né, la saisit dans ses bras et prit le chemin de la sortie.

La nuit s’étant rafraîchie, Iskandar resserra l’étoffe autour de sa marionnette et se trouva bientôt en vue du carrosse de l’archiprêtre.

- Adieu, ô mon chef d’œuvre.

Le paquet quitta les mains de du mage pour entrer dans le carrosse, qui quitta aussitôt la ville au petit trot des chevaux.


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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 14:45

Chapitre 3 ~ Jeux cruels





Alors que le carrosse cahotait sur la route, Monseigneur Arkonius se sentit titillé par son bas-ventre. Il ressentait un irrépressible besoin de se soulager ainsi que l’envie de tester sa nouvelle acquisition. Qui était toujours immobile d’ailleurs, le mage lui aurait il menti ? Ce rustre aurait osé ? Tendant le bras, l’Ilymis tira l’étoffe pour découvrir le visage de sa chose et sentit en lui une montée de désir en s’apercevant que son regard n’était plus vide mais fortement inquiet.
L’homme la tira brutalement à lui. La voir se débattre en poussant de petits cris lui donna de l’ardeur et il se mit à la caresser et à la frapper. Quand il en eut assez il la perça enfin et ce fut avec des frissons de plaisir intense qu’il sentit la fine membrane de l’hymen se déchirer - Arkonius jouissait pour ces choses là d’une sensibilité exacerbée - et que la fille gémit de douleur.
Sans plus y faire attention, il rabaissa sa toge, la lissa et ils arrivèrent à sa demeure.


****************

Le lendemain soir, quand il entra dans sa chambre, il se demanda si le mage avait dit vrai à propos de la soi-disant virginité éternelle de sa marionnette. Celle-ci était attachée sur le lit et lui jetait des regards affolés. Arkonius se jeta sur elle et alla droit au but, sans aucun préliminaire. Il adorait forcer le passage, et ainsi, faire plus de mal. La souffrance était ce qui plaisait au Grand Valnor. Et accessoirement à l’archiprêtre. Au contact de l’hymen neuf, il éclata d’un rire de victoire puis rompit les liens, repoussa la marionnette au fond du lit et s’endormit.

En journée, tandis qu’il guidait ses fidèle sur le chemin de la foi et de la dévotion à Dieu (et qu’il glissait mine de rien dans leur tête que les shalos, ces pécheurs de l’ombre, étaient des indésirables sur Adreis), sa chose était enfermée dans la chambre avec un peu de nourriture et d’eau. Mais elle n’absorbait rien. Arkonius ne la forçait pas, son état ne le préoccupant pas le moins du monde. Ce qui importait était qu’elle fût toujours là à la tombée de la nuit.

Le surlendemain soir, il ne la trouva pas dans la chambre. Il ne s’en soucia pas, sachant qu’il n’y avait aucune issue. Elle était quelque part. Et l’attente rendrait la suite plus amusante, songea-t-il avec un air sadique.
Laissant juste quelques torches flamber, il alla s’étendre sur le lit, nu comme une grosse limace visqueuse. Dans la pénombre il attendit, guettant le moindre bruit et ne tarda pas à entendre une respiration saccadée qui voulait se faire discrète mais que la panique empêchait de calmer. Arkonius sentit avec délice une partie de lui se raidir. Roulant sur le lit, il s’approcha du bord, se pencha et passa sa tête sous le sommier. Elle était là, prostrée, tremblante, la tête entre les bras et les yeux fermés. Il se délecta quelques secondes de cette vue et lâcha de sa grosse voix :

- BOUH !

La marionnette tressaillit d’effroi. Ah que c’était bon ! Il la tira sans ménagement de là-dessous (elle ne pesait rien) et la jeta brutalement sur l’édredon. La pauvre petite chose se recula vers la tête de lit en gémissant, gardant fixés sur l’archiprêtre de grands yeux apeurés. Arkonius ne se sentait plus de joie. Iskandar était fourbe, mais il avait raison : elle était parfaite ! Une peau de pêche, de délicates courbes de jeune femme mais un visage de petite fille terrorisée. Recroquevillée sur elle-même, tentant en vain de se protéger, elle paraissait encore plus menue, plus fragile.
Et le meilleur dans tout ça : c’était chaque fois la première fois. Il prenait toujours un plaisir immense et malsain à voir son visage horrifié qui savait que ça allait recommencer encore et encore. Comme la veille. Et le lendemain. La déchirer, la blesser, la posséder, la faire souffrir, c’était l’extase pour lui. Surtout en sachant qu’elle aurait toujours aussi mal, que ce ne serait jamais plus facile pour elle.
Il s’amusait tant que dans le feu de l’action il la mordit sauvagement à l’épaule. Jusqu’au sang. Arrachant à la pauvre créature de nouveaux cris de détresse tandis qu’il se finissait avec un râle de jouissance. Une fois vidé, il resta un moment sur elle, l’écrasant de tout son poids et l’étouffant à moitié. La sensation du corps fin tremblant de terreur tout contre lui excita de nouveau l’archiprêtre. Mais l’homme était fatigué. Se sortant d’elle, il roula sur le lit et repoussa des pieds le corps inerte qui tomba mollement au sol sans même faire un bruit. Enfin, il se pelotonna sous les couvertures, apaisé et content de lui.

Et il dormit bien, l’immonde Ilymis. Tandis qu’elle gisait par terre, abandonnée, affaiblie, profondément meurtrie. Un petit tas de souffrance et de peur qui n’avait pas demandé ce qui lui arrivait, qui attendait la mort comme une délivrance, mais sans la force ni les moyens de l’attirer ou la provoquer. Au fil des jours qui passaient elle perdait les sensations telles la faim et le froid. Elle n’arrivait même plus à penser. Il ne lui restait que la douleur et l’horrifiante certitude que la torture se reproduirait sans fin.

Mais finalement, cela ne recommença pas.


*****************

Alors que le soleil était haut dans le ciel, un messager se présenta à la demeure de l’archiprêtre. Le parchemin qu’il lui tendit était scellé du sceau fatal : celui des adeptes du Grand Valnor. La lettre indiquait que plusieurs attaques d’ombres de Shua et de monstres avaient eu lieu dernièrement et à divers lieux dangereusement proches d’Ilimir. Pour calmer le Seigneur de Shua, il fallait faire un sacrifice dès le soir venu. Et c’était à Arkonius de fournir l’élue du jour. Une élue qu’ils espéraient spéciale, telle qu’il conviendrait à Valnor.

L’archiprêtre fulmina contre ces mercenaires incapables de défendre la cité de Dieu, puis donna ses ordres. Il fit atteler son carrosse le plus discret et préparer la fille dans la chambre. Il fallait que tout soit prêt pour la tombée du jour. On ne plaisantait pas avec le culte de Valnor, l’affaire était tout ce qu’il y avait de plus sérieux.
Arkonius fut tendu toute la journée. Puis le soir tomba. C’était l’heure d’y aller. C’en était fini de passer le temps avec la créature. L’ange qu’elle était devait revenir à sa fonction première : l’immolation…


Dernière édition par Fanaa le Sam 28 Nov 2009 - 3:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 14:46

Chapitre 4 ~ Nuit écarlate


Vêtue d’une robe d’adepte laissant son dos à découvert, la marionnette fut chargée dans le carrosse. Arkonius fit entasser sur elle des coussins de satin rouge et des étoffes pour cacher sa présence.
Le cocher était l’un des meilleurs gardes à sa solde et la seule escorte qu’il se permit. Il devait rester discret. Si quiconque apprenait l’existence des messes noires et surtout que lui-même, archiprêtre et fervent adorateur de Dieu y participait activement, c’en serait fini de sa position. Le peuple ne le suivrait plus. Et il ne pourrait mener à bien son rêve : les croisades contre les shalos. Il exécrait ces êtres qui se terraient loin dans leurs grottes. Des vermines. Des parasites. Dont il réussirait à se débarrasser un jour. Il en avait fait le serment.

Le carrosse sombre avançait bon train sur la route cahoteuse. Le trajet se déroulait bien, même si il semblait long à l’archiprêtre impatient. Ne sachant comment s’occuper, il gardait les yeux rivés sur la marionnette. Seule une fine main blanche dépassait de sous les coussins, ainsi qu’une paire d’yeux bleus exprimant maintenant la résignation et non plus cette peur qui excitait tant Arkonius. L’immonde se passa la langue sur les lèvres en se remémorant leurs agréables ébats. Avec une expression sadique, il se dit qu’il pouvait bien en profiter encore une fois… surtout que ce serait la dernière. Valnor ne lui en voudrait pas trop d’avoir encore un peu torturé l’ange avant sa fin si proche.
Avec une expression démente, il tendit la main vers elle et le frisson de panique qui la parcourut au même moment le réjouit. Cette ultime fois serait la meilleure de toutes. Il en était certain.

Ensuite tout se passa très vite.
Quelqu’un s’introduisit dans le carrosse. Si rapidement et silencieusement qu’Arkonius n’eut pas le temps de réagir. Ni de crier, du reste. D’un seul geste, le nouveau venu l’égorgea et l’archiprêtre s’écroula en gargouillant et en bavant des bulles de sang.
La silhouette disparut aussitôt, emportant avec elle la tête de sa victime dont la toge immaculée était maintenant carmin. Les lourds bijoux d’or avaient pris une teinte semblable.

La jeune fille sous les coussins n’avait pas bougé. Mais elle n’avait rien manqué de ce qui s’était déroulé sous ses yeux. Elle avait vu la mise à mort, le délicat profil de son auteur et surtout, le foulard écarlate qui masquait une partie de son visage.

Le regard bleu redevint vivace. Son bourreau n’était plus. L’homme au foulard écarlate l’en avait délivrée. Se laisser mourir après cela eut été une insulte à son acte de bravoure.
Le carrosse s’arrêta. On avait aussi ôté la vie du cocher. Mais on lui avait laissé sa tête. Avec un effort de volonté, la jeune fille se traina en dehors de la cabine et s’écroula au sol. Percluse de douleur, elle était pour l’instant incapable de se relever. Encore moins de marcher. Ses yeux bleus cherchaient l’homme au foulard rouge. Avec tristesse elle réalisa qu’il était parti. Sans l’attendre. Et dans son état elle était incapable de le suivre.
Elle ferma les yeux et respira l’air frais de la nuit.



L’histoire que je voulais vous conter est terminée. Moi qui sais tout ce qui s’est passé, je peux vous garantir la véracité de mes dires. Je n’ai rien inventé. Elle a réellement subi ces choses.
Pour pouvoir en parler avec une telle certitude, sachez que je suis la partie de son esprit qui se rappelle de tout ça. Peut être vous demandez vous comment elle a pu survivre après cela ? Toute personne ayant vécu la même chose aurait perdu la raison ou se serait donné la mort. Et ce n’est pas la simple image de son sauveur au foulard écarlate qui lui a redonné goût à la vie. Celui-ci étant déjà reparti.
En fait, c’est moi. Moi qui ai décidé de me replier sur moi-même pour ne plus la laisser accéder aux souvenirs de cette période. Ces souvenirs au-delà de la douleur.
Avant de me refermer, je lui ai soufflé un mot. Un mot qui signifie « brisée » dans le langage ancien des poètes. Un mot qui fait songer aux pétales de fleurs aussi. Le premier mot qu’elle prononça depuis bien longtemps.

Fanaa…






Dernière édition par Fanaa le Ven 9 Juil 2010 - 1:20, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 14:47

Si il y en a qui lisent cette histoire et qu'ils veulent faire des commentaires, poser des questions et tout, j'aimerais bien que ce soit fait dans ce même topic ^^

Merci ^__^
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Earwen



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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 15:47

(je suis paresseuse aujourd'hui... copier coller du message MSN)

donc... je trouve ça très bien écrit. Loin de ton style habituel.. ce qui me déstabilise un peu. On ressent bien le coté ignoble et sombre de l'histoire... les descriptions sont très (trop) bien faites.

Bref, que du positif ^^
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Shahid

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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 17:01

Tout simplement splendide !

Texte très agréable à lire, un style bien à toi auquel j'adhère, des descriptions bien très présentes ( ce que je n'arrive pas à faire Embarassed ) ne furent pas du tout ennuyante , et bien au contraire ! J'avais l'impression d'être spectateur d'une scène. Une histoire pleine de tristesse et originale. Des passage de rapports , clin d'œil sadomasochiste, cliché du prêtre abusant des enfants, tout ces idées osées mais très bien exploitées !....
Je pourrais continuer encore longtemps comme ça mais mlle risquerais de rougir ><'

En tout cas , je suis fan !


Dernière édition par Shahid le Dim 30 Mar 2008 - 17:51, édité 1 fois (Raison : je fais trops de fautes ><')
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Dim 30 Mar 2008 - 17:41

oh my god oO j'ai fait du SM ?
(hem j'avais pas remarqué, désolée silent ).

Bon merci beaucoup de vos remarques ^^
c'est toujours encourageant !

chic!
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Cosmocoq

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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Mar 1 Avr 2008 - 12:55

waaaaah... Shocked
Tout simplement splendide !

C'est qui l'assassin au foulard rouge Razz
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Sendaë

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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Ven 29 Aoû 2008 - 23:46

Dame, votre talent n'a d'égal que celui de votre compagnon.

C'est d'une tristesse vraiment touchante.

Je vous félicite de ce remarquable travail comparable à celui d'un orfèvre qui d'une pierre brute fait un joyau d'une sombre splendeur.

En espérant pouvoir continuer à ecrire à vos côtés, ce dont je suis fier.

Sincèrement.
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Silvicius

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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Jeu 20 Nov 2008 - 19:07

Sûrement le meilleur texte rp que j'ai lu sur ce forum, et de loin.

C'est sale, dérangeant. Ambitieux. Ecrit avec du style et du coeur.

Bravo
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Fanaa
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Jeu 20 Nov 2008 - 19:58

et bien et bien... Embarassed
merci donc ^^

oh les termes que tu utilises pour qualifier mon texte sont si sombres brrr pour ne pas dire laids (dans leur connotation) mais ... ils correspondent au contenu. ^^"

encore merci de m'avoir lue et donné ton avis ! Smile
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Michael

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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Lun 6 Sep 2010 - 22:21

Ow merde. Une fois commencé, impossible de lâcher, malgré l'horreur de l'histoire. Passionnante et effrayante...

Félicitations. Mais, si tu pouvais écrire des histoires moins glauque parce que la, je vais avoir mal au coeur pendnat un moment ^^''



( P.S : Vraiment content d'avoir buté l'autre bâtard en fait, je ne savais pas ce qu'il avait fait avant de lire cela... 'Tain, je comptais lire les fragments de Syld, mais je crois que je vais attendre un peu finalement )

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Fanaa
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Lun 6 Sep 2010 - 22:41

Oh Merci Michael ^^

ça me fait très plaisir que tu aies lu mon histoire.
et encore plus que tu l'aies appréciée ^^

oui c'est glauque "^^ désolée ... c'est en réponse à un "défi" qu'on m'a lancée. Changer de style, passer de la lumière aux ténèbres, des rires aux larmes, de l'apaisement à la souffrance.

et oui, doublement, triplement merci même pour avoir butter Iskandar. Grâce à toi Fanaa a un ennemi en moins. "L'homme sans visage" cet homme qui la terrorisait tant ... n'est plus.

Tu es le meilleur des papa !!!

encore merci ^^


PS: et toi ? Quand te lances tu dans ta propre histoire ? Ou alors tu préfères nous dévoiler tes secrets durant le RP. Parce qu'on se pose plein de questions ^^

PS2: et c'est gentil de lire Shan après car comme elle a une plume du tonnerre, si tu la lis avant, tous les autres te semblent fades à côté xD

PS3: c'est drôle que tu lises ça maintenant alors que j'ai commencé la suite :p
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Gwendolyn

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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Mar 7 Sep 2010 - 11:27

Bon, si Michael a commenté, je vais le faire aussi ^^

Je n'ai pas lu vos rps, alors je ne savais pas qu'Iskandar avait été tué :O Zut de zut, je suis triste de ne pas être arrivée avant .. j'aurais voulu participer ! >< J'arrive toujours trop tard de toute façon, c'est une malédiction.

Sinon je ne pense pas beaucoup varier des autres ^^ une histoire très sombre mais prenante, prévoir un peu de temps pour s'y attaquer vu qu'on arrive plus à lâcher une fois commencée xD. Généralement je ne suis pas très très sombre, mais j'avoue avoir vraiment aimé ton histoire (quand je lis des histoires, d'habitude, j'aime bien m'imaginer à la place des personnages principaux .. mais là je vais me contenter d'un point de vu tout à fait externe, le contraire me donne de sérieux frissons et des cauchemars.) En fait, tu as pas tords en disant que n'importe qui serait devenu fou ou se serait donné la mort .. car à sa place, je pense que j'aurais tout fait pour pouvoir prendre un bain et me savonner la peau jusqu'à ce qu'il n'y ait plus la moindre trace de la perversion du prêtre. Mais bon, je suppose que ca n'aurait jamais suffit, vu que ce n'est pas qu'un mal physique .. ^^' pas très joyeux comme pensée !

En tout cas cela donne un personnage très intéressant. Je suis juste un peu déçue ne pas savoir ce qu'était cette secte au début, ainsi que la femme et l'enfant tués. ^^
Si ce n'était pas si glauque, je demanderai bien une suite ! xD

En tout cas je n'ai pas encore lu les fragments de Syld non plus ... A faire, apparemment ^^
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Fanaa
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Mar 7 Sep 2010 - 12:13

Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Gwendolyne ^^


Alors ... la secte est (était maintenant vu qu'elle a été démantelée) la plus importante des sectes pro-Valnor (les valnoriens).
La femme et l'enfant sont le "clou du spectacle". En effet, chaque cérémonie sacrificielle est régie d'une façon précise :

Citation :
*Tout d’abord les hommes. Les mâles ont la force brute mais la quantité d’elixia que l’on trouve en eux est le plus souvent ridicule. par contre le sang … ah cela, du sang, ils en ont à revendre. On les égorge afin que leur hémoglobine colore l’autel et le sol, que la couleur de Valnor éclabousse tout.
Gloire à Valnor !*
*Les enfants ensuite. Ils n’ont pas non plus beaucoup d’elixia, mais la leur est neuve, vive. Une mise en bouche pétillante. On les poignarde au cœur. Leurs petits cœurs affolés qui battent si vite.*
*Les femmes. Les femmes sont plus importantes. Elles ont naturellement le pouvoir de donner la vie ce qui rend leur elixia meilleure, plus riche. Le cœur de l’énergie des femmes se trouvent dans ce lieu magique de fertilité que les hommes ne possèdent pas. Il faut leur ouvrir l’utérus, là où leur elixia attend bien au chaud, tel un petit œuf-surprise.
Qu’elles soient vierges ou non ne change rien dans la pratique, en réalité ce n’est qu’une histoire de symbolique. Par contre, elles doivent avoir déjà eu leur premier sang.*
*Et le meilleur, le clou du spectacle, le dessert, la femme enceinte. Celles-ci sont les plus désirées. L’accouchement est alors provoqué durant la cérémonie, puis la femme délivrée et son nouveau né sont embrochés, ensemble. Car il est mauvais de séparer une mère de son enfant. alors que les laisser ensemble crée une élixia succulente qui mène à la félicité !
Ces femmes sont plus difficiles à avoir mais leur présence promet chaque fois de meilleures cérémonies.*


C'est cette même secte que nous avons démantelée il n'y a pas si longtemps (la nuit passée en fait, en temps RP ^^) et le hasard a voulu qu'Iskandar se trouve dans le coin alors Michael et Kyara lui ont fait sa fête. En ignorant qui il était. Et en délivrant Fanaa d'un ennemi important (merci ;_; )

Mais ne t'inquiète pas ma grande, des ennemis, on en trouvera d'autres plus tard, par forcément des ennemis de Fanaa d'ailleurs, mais il y aura de l'action et tu te rendras utile c'est sûr ^^
Faut juste qu'on se remette à l'action.


Quant à ce qui s'est passé ... si elle a survécu, c'est bien parce qu'elle a occulté cette partie de sa vie. Plus ou moins bien d'ailleurs mais sans cette amnésie partielle, c'est sûr qu'elle n'aurait pas survécu.

Merci merci merciiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! ^___^
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MessageSujet: Re: Nuit écarlate   Mar 24 Mai 2011 - 19:15

Chapitre 5 ~ Kraa



La petite s'était traînée avec effort aussi loin que possible de la route, s'enfonçant dans les ténèbres de la forêt inconnue. Lorsqu'en se retournant elle ne distingua plus le carrosse, elle se roula en boule au pied d'un arbre et attendit. Elle était épuisée, pourtant le sommeil ne venait pas. Elle avait bien trop peur dans cet endroit plein de bruits bizarres, et il y faisait si sombre ... si froid ... La fillette grelottait. La température beaucoup trop basse de la nuit transperçait aisément le tissu fin de la robe dont elle était vêtue. Et surtout elle avait mal. Elle avait mal partout. En partie à cause des terribles traitements reçus ces derniers jours, mais aussi parce qu'Iskandar avait modifié ses chairs de l'intérieur, ce qui expliquait pourquoi âgée de 7 ans à peine, elle présentait déjà des rondeurs féminines et semblait le double de son âge. De cela elle ignorait tout, sauf la douleur lancinante qui allait de pair avec cette croissance physique accélérée provoquée.

Elle allait mourir. C'était une certitude. Elle était beaucoup trop faible, déshydratée et sous alimentée. Cela ajouté à la souffrance que le froid mordant rendait plus aigüe ne laissait pas de place au doute. Elle allait mourir. Et alors qu'elle l'avait tellement souhaité ces derniers temps, que sa demande fut exaucée maintenant lui fit un choc. C'était injuste, elle ne voulait pas mourir, elle n'en avait pas le droit ! L'homme au bandeau rouge ne lui avait pas offert une renaissance pour qu'elle la gâche déjà, non ! Elle devait au moins le remercier avant de disparaître. Elle lui devait bien ça, elle lui devait tellement plus … Il lui avait offert la vie, elle lui appartenait donc maintenant. Elle ne pouvait disposer de sa nouvelle vie comme elle le souhaitait, c'était à lui d'en décider.

Le sauveur au bandeau rouge … Fanaa … le foulard rouge … brisée … rouge … froid … obscurité… peur … douleur … écarlate … une renaissance … ne pas mourir … pas maintenant … pitié … qu'on l'aide … qu'on lui donne la force de le rejoindre …

Une douleur plus forte que les autres. La pauvre petite ouvrit la bouche sur un cri muet. Un voile rouge envahit son champ de vision si sombre, ses tremblements s'accentuèrent violemment … c'était la fin cette fois … Une fin misérable … que nul remarquerait … l'homme au foulard rouge l'avait sauvée pour rien … sa toute dernière pensée fut pour s'excuser … puis le rouge devint noir et il n'y eut plus aucune sensation. Ni froid ni douleur ni peur. Plus rien.

* * *

Non loin de là, ils sentirent sa détresse. Ils entendirent dans leurs esprits l'appel au secours de l'enfant. Ils surent que quelqu'un d'innocent était en train de s'éteindre. Alors ils s'envolèrent vers celle qui avait besoin d'aide. Ils furent surpris de découvrir une sans-plume, mais n'hésitèrent pas et se posèrent. Ils étaient un peu plus d'une dizaine et vinrent se serrer contre le corps glacé et inerte. Certains étendirent leurs ailes, d'autres firent gonfler leurs plumes mais tous s'occupèrent de réchauffer le pauvre petit corps. Ils croassèrent, chuintèrent ou sifflèrent pour la réveiller, il ne fallait pas la laisser glisser vers la mort.

La petite ouvrit ses grands yeux bleus brillant de fièvre et découvrit auprès d'elle tous ces gros oiseaux dont les becs et les serres étaient capables de la déchiqueter facilement mais dont les plumes étaient le plus chaleureux contact qu'elle ait eu depuis une éternité. Elle referma ses paupières, rassurée.
Ils restèrent auprès d'elle le restant de la nuit pour la réchauffer et maintenir sa température corporelle. Au matin, elle n'avait plus froid mais avait encore de la fièvre et était toujours trop faible pour se mouvoir. Tandis que certains rapaces restaient avec elle, d'autres s'envolèrent et revinrent bientôt avec des baies et des feuilles qu'ils demandèrent à la petite d'ingurgiter. Toujours recroquevillée, elle s'exécuta avec peine pour les remercier de leurs efforts. Tandis que certains rapaces se relayaient pour chasser et nourrir leurs compagnons, d'autres allaient chercher de l'eau dans des feuilles creuses et l'apportaient à l'enfant sans-plume. Ce n'était que quelques gouttes, mais elle les buvait avec reconnaissance. Cela faisait tant de bien à sa pauvre gorge déshydratée …

Elle ouvrit la bouche pour les remercier mais aucun son n'en sortit. C'est alors qu'elle les entendit dans sa tête se présenter à elle : ils se donnaient le nom de Kraa quand les sans-plumes les appelaient « krobeaux ». Ils lui demandèrent qui elle était pour les avoir attirés sans faire partie de leur famille. Elle n'arrivait pas encore à penser et répondait juste « Fanaa ». Les Kraa acceptèrent ce mot comme son nom et ne demandèrent plus d'explication. Ils l'exhortèrent à se déplacer à quatre pattes pour s'approcher du ruisseau. Le chemin parut long à Fanaa mais pouvoir boire en valait la peine. L'eau était la plus délicieuse boisson du monde !

Fanaa fut remise sur pieds par les Kraa. Elle avait de l'eau fraîche à volonté, pouvait se nourrir de fruits, de racines, de baies sauvages. Pendant les quelques semaines qu'ils passèrent ensemble, ils furent sa famille. Ils l'acceptèrent si bien qu'ils la surnommèrent « Fille ». Il était dommage qu'elle ne vole pas comme les autres mais être une sans-plume était un désavantage qu'elle n'avait pas choisi. Il fallait s'en accommoder. Pour le reste elle était douce et apprenait vite. Elle sut bientôt reconnaitre les plantes qui soignent de celles qui rendent malade. Ayant retrouvé un peu d'appétit elle avait reconstitué ses forces et était capable de les suivre quand ils se déplaçaient dans la forêt.
Fanaa ne parlait pas mais les Kraa non plus. Ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre alors qu'ils communiquaient par l'esprit avec des images, des sensations.

Un jour elle évoqua avec eux l'homme au foulard rouge et leur demanda s'ils savaient où le trouver. Les Kraa lui expliquèrent que ce sans-plume se trouvait sûrement avec les autres sans-plumes et qu'il fallait le chercher parmi eux. Ils ajoutèrent qu'il ne serait pas facile à trouver au milieu de tous ses congénères car ils étaient nombreux, très nombreux. Et dangereux.


- N'y va pas Fille. N'y va pas. Reste avec nous.
- Je dois le retrouver, j'ai une dette envers lui. Je lui dois la vie.

Les Kraa tentèrent de la raisonner, mais Fanaa avait pris sa décision. Elle retrouverait son sauveur au foulard rouge. Elle restait persuadée qu'il l'attendait quelque part. Alors ils s'inclinèrent. Tous les oisillons devaient un jour quitter le nid … alors Fille aussi. Même si, n'ayant pas d'ailes elle partait avec un sérieux handicap. Et puis elle était trop gentille, trop pure, trop vierge pour le monde des sans-plumes, elle y souffrirait, les Kraa en étaient sûrs et ils s'inquiétaient déjà pour leur petite sans-plume adoptive. Mais, toutes les pensées de Fanaa restaient tournées vers celui au foulard rouge et aucune des mises en garde ne put la faire démordre de son projet de partir. Alors ils s'inclinèrent. Ils lui conseillèrent de ne faire confiance à personne, mais de préférer parler aux femmes plutôt qu'aux hommes. Et bien sûr de faire appel à eux quand elle en aurait besoin car elle restait de la famille, mais surtout d'attendre car elle n'était pas prête à rejoindre le monde des sans-plumes. Fanaa écouta tout cela d'une oreille distraite, trop concentrée sur l'image du profil au foulard rouge.

Quelques jours plus tard, alors que les Kraa vaquaient à leurs occupations Fanaa s'occupait en dansant dans la forêt. Elle était maintenant assez remise pour pouvoir déplacer sans être veillée par les Kraa. Il avait suffi d'un papillon, un joli papillon bleu et Fanaa l'avait suivi, en dansant jusqu'à une route. Si elle remarqua que le sol avait changé, elle ne s'arrêta pas pour y réfléchir, tournoyant et poursuivant toujours son papillon. Il y eut du bruit et une calèche tirée par deux chevaux au trot déboula sur la route, faisant sursauter Fanaa et fuir le papillon bleu. Comme statufiée, la petite regardait ce qui lui arrivait dessus, ne sachant que faire. Elle voulait courir mais ses jambes n'obéissaient pas. Elle cacha son visage dans ses mains pour ne pas voir ce qui allait se passer lors de la collision … qui n'eut pas lieu.
Sans qu'elle ait le temps de saisir ce qui se passait, elle sentit qu'on la soulevait et elle se retrouva à l'intérieur de la calèche … qui repartit rapidement. Dans l'habitacle, face à elle se trouvait une femme qui l'observait avec insistance.


- Comment t'appelles-tu mon ange ?
- F... Fanaa...
- Fanaa ... Que tu es jolie ma chérie ... répondit la femme, songeuse, avec un drôle de sourire.
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